Côte d’Ivoire: 3 ans de prison ferme pour un étudiant pour injures à l’encontre de Ouattara sur Facebook

Au tribunal de première instance d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, un étudiant, stagiaire infirmier a été condamné à 3 ans de prison ferme vendredi 18 juillet. Il est reconnu coupable d’injures publiques à l’encontre du président de la République, Alassane Ouattara. Il lui est reproché d’avoir publié au début du mois, un commentaire jugé insultant envers…

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Au tribunal de première instance d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, un étudiant, stagiaire infirmier a été condamné à 3 ans de prison ferme vendredi 18 juillet.

Il est reconnu coupable d’injures publiques à l’encontre du président de la République, Alassane Ouattara. Il lui est reproché d’avoir publié au début du mois, un commentaire jugé insultant envers le chef d’État sur Facebook. Mais il faut reconnaître que sa condamnation suscite un débat sur la liberté d’expression et ses limites dans le pays. « Si la mère de Dramane avait avorté, Dieu allait lui pardonner, elle aurait sauvé l’Afrique », a publié en commentaire sur Facebook l’étudiant infirmier. En effet, à travers sa publication, l’étudiant fait allusion au président Alassane Ouattara. Et le 11 juillet, la police chargée de la lutte contre la cybercriminalité a interpellé le mis en cause pour « avoir tenu des propos outrageants » via un système d’information. Une infraction passible de cinq ans d’emprisonnement. Selon la loi, la peine de 3 ans infligée au mis en cause est juste, à en croire le juriste Ange Uriel Kouassi, consultant en droit du numérique, qui estime « qu’Internet n’est pas une zone de non-droit ». Et d’ajouter : « Internet est régulé (…) Nous devons éviter de dire sur les réseaux sociaux ce que nous ne dirons pas en face d’une autorité. Il ne faut se mettre sous le couvert de la liberté d’expression pour injurier une personne (…) pour émettre des opinions diffamatoires ». Par contre, pour Drissa Bamba, du mouvement ivoirien des droits humains, les propos tombent sous le coup de la loi mais pour lui, l’affaire arrive dans un climat de crispation à trois mois de la présidentielle. « Cela nous laisse perplexes. Est-ce que ce ne sont pas des signaux qu’on donne à ceux qui voudraient s’exprimer librement pour dire autre chose que le pouvoir en place pour leur dire « faites attention ! si vous ne savez pas tenir votre langue, vous allez vous retrouver derrière les barreaux » ? », s’interroge-t-il. Après le verdict du juge, les avocats du stagiaire infirmier ont annoncé vouloir faire appel, selon la presse ivoirienne.

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