Conflit à l’Est de la RDC: Washington sanctionne l’armée rwandaise pour son soutien au M23

Le lundi 02 mars 2026, le Département du Trésor américain a sanctionné l’armée rwandaise et quatre de ses hauts responsables. La Maison Blanche reproche à Kigali, son soutien au M23 dans l’Est de la RDC, en violation des accords de Washington. Malgré l’accord de paix de Washington signé en juin 2025 pour stabiliser l’est de…

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Le lundi 02 mars 2026, le Département du Trésor américain a sanctionné l’armée rwandaise et quatre de ses hauts responsables. La Maison Blanche reproche à Kigali, son soutien au M23 dans l’Est de la RDC, en violation des accords de Washington.

Malgré l’accord de paix de Washington signé en juin 2025 pour stabiliser l’est de la RDC, les combats persistent et les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, continuent de progresser. Constatant une violation des engagements et une exécution de seulement 23 % du processus de l’accord de paix signé, les États-Unis ont sanctionné l’armée rwandaise et quatre de ses hauts gradés. Sont concernés, le chef d’état-major des FDR, Mubarakh Muganga, celui de l’armée de terre, Vincent Nyakarundi, ainsi que l’ancien et l’actuel commandant des forces spéciales, respectivement Ruki Karusisi et Stanislas Gashugi. La sanction du trésor américain est essentiellement d’ordre financier. Concrètement, l’armée rwandaise « ne pourra plus faire de transactions en dollars, ni utiliser d’instruments de paiement tels que le réseau interbancaire Swift ». Les interdictions du Trésor comprennent également « le versement de toute contribution ou la fourniture de fonds, de biens ou de services ». Ces sanctions s’inscrivent dans une séquence plus longue. Depuis la résurgence du M23 en 2022, Washington a progressivement durci le ton. En septembre 2023, le Rwanda s’est inscrit sur la liste du « Child Soldiers Prevention Act », la loi américaine sur la prévention des enfants soldats, une mesure qui limite l’aide militaire et les ventes d’équipements. En février 2025, une sanction plus retentissante vise James Kabarebe, ancien chef d’état-major de l’armée rwandaise, ancien aide de camp de Paul Kagame, ministre de la Coopération régionale au moment des sanctions. Pour autant, les sanctions n’ont pas fait taire les armes. Bien au contraire, les combats se sont multipliés dans l’Est, une partie riche en ressources naturelles. Une sanction jugée injuste Dans un communiqué publié lundi soir, le Rwanda a déclaré que les sanctions américaines « visaient injustement une seule partie » et a insisté le fait qu’une telle mesure « ne reflète pas la réalité et déforme les faits du conflit ». Il a également accusé la RDC de « violations manifestes des accords de cessez-le-feu ». De son côté, Kinshasa a exprimé sa «profonde reconnaissance aux États-Unis» dans un communiqué diffusé lundi soir, saluant la décision de Washington. «Ces mesures constituent un signal clair en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale» de la RDC, ont estimé les autorités congolaises. La Force de défense du Rwanda fournit un soutien opérationnel direct au M23 et à ses affiliés. Elle introduit des équipements militaires de pointe sur le champ de bataille dans l’est de la RDC, notamment des systèmes de brouillage GPS, des équipements de défense aérienne, des drones et du matériel supplémentaire. Selon Washington, des milliers de soldats de la FDR sont déployés dans l’est de la RDC, où ils participent activement à des opérations de combat et facilitent le contrôle du territoire par le M23. De plus, la FDR dispense des formations aux combattants du M23 au sein de ses centres militaires et elle soutient les efforts de recrutement du M23, y compris le recrutement de réfugiés. Avec le soutien du Rwanda, le M23 s’est livré à des exécutions extrajudiciaires, à des arrestations arbitraires et à des actes de torture.

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