L’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP), a organisé le jeudi 20 février 2025, au ‘’Chant d’Oiseau’’ de Cotonou, un débat contradictoire dont le thème est « Pour un développement durable et équilibré : L’urgence de viabiliser les régions défavorisées ».
En définissant le développement durable comme la capacité des générations à répondre à leurs besoins actuels sans pour autant handicaper les générations futures de pouvoir répondre aux leurs, Maryse Glèlè Ahanhanzo, consultante a déclaré qu’il repose essentiellement sur trois dimensions. La première dimension est celle économique qui compose le partage de richesse, l’accès à un emploi salarié et la création de ressources de façon équilibrée pour tout le monde. La deuxième dimension est d’ordre social. Elle consiste à travailler contre les inégalités, à permettre aux individus hommes et femmes de pouvoir répondre en tant qu’individu citoyen à leurs propres besoins et de contribuer à la cohésion sociale. La troisième dimension est liée à l’environnement. Dans cette dimension, il ne faut pas, dit-elle, qu’en créant la richesse, en produisant, nous endommageons l’environnement qui doit servir également aux générations futures. Pour Maryse Glèlè Ahanhanzo, le développement durable et équilibré doit tenir compte de la conjonction de ces dimensions économique, sociale et environnementale mais aussi des disparités qui sont spécifiques et propres à chaque région et de la jouissance des droits humains pour tous les individus où qu’ils soient sur toute l’étendue du territoire. Quant à Nourou-Dine Saka Salley, consultant et juriste, il a indiqué que la question de la viabilisation des régions doit répondre à un double impératif du rôle prépondérant et régalien de l’État mais en même temps de la contextualisation du développement. Selon lui, le développement ne doit pas être ramené à une question de modernisme mais il est une conjonction de plusieurs facteurs et de plusieurs critères de développement. Il en a cité principalement trois critères. Premièrement, c’est de permettre à des personnes de ne pas avoir des soucis à aller se soigner que ce soit par l’accès aux soins que par la qualité de ses soins. Deuxièmement, c’est de ne pas avoir des soucis à s’éduquer que ce soit tant par l’accès que par la qualité de cet enseignement, et troisièmement, c’est de garantir à toute personne, l’égal accès à la justice et aussi à une qualité de justice. L’ancien ministre Gustave Dépo Sonon a affirmé que le développement durable, c’est un modèle dans lequel on se retrouve de manière à ce qu’on puisse tout en assurant le bien-être des générations présentes sans compromettre le bien être des générations futures. Ce que révèlent les discussions Les discussions ont révélé des inégalités entre les régions. Maryse Glèlè Ahanhanzo a fait savoir qu’«il est nécessaire d’élaborer des critères au plan national pour pouvoir qualifier nos zones et faire un suivi efficace afin d’éviter d’avoir en urgence à viabiliser des zones défavorisées». Quant à Nourou-Dine Saka Salley, « on doit réaliser qu’aujourd’hui, malgré la construction d’hôpitaux modernes, la majorité de la population peine à y accéder. Il y a huit ans, la dialyse était prise en charge par l’État, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Beaucoup préfèrent ne pas aller à l’hôpital car ils savent qu’ils ne pourront pas payer les soins ». Et Gustave Dépo Sonon de lâcher : « Je me suis re refusé de me référer à des convenances politiques. J’invite les uns et les autres à consulter les bases de données officielles pour vérifier les efforts déployés en matière de développement équilibré ».











