Le jeudi 13 mars 2025, Les députés de la 9ème législature ont adopté le jeudi 13 mars 2025, la loi portant cadre juridique de la chefferie traditionnelle en République du Bénin. Au lendemain du vote de cette loi, le parlement a enregistré 41 pétitions.
Chaque localité évoque les raisons qui plaident en sa faveur pour qu’elle soit intégrée dans le texte qui régit désormais la chefferie traditionnelle au Bénin. Le gouvernement de son côté a réagi pour éclairer l’opinion publique sur le travail scientifique qu’a fait le comité technique pour que certaines communautés ou localités ne figurent pas dans la loi votée par les parlementaires. C’est pourquoi, pour le cas de Toviklin, le gouvernement a indiqué, sur la base des informations fournies par le Comité, qu’« au cours des travaux de terrain réalisés en 2022 et 2023, il a appris que Toviklin est une chefferie dirigée par une reine du nom de Adjignon Guinlitodji Natabou. Elle aurait ses représentants dans tous les villages de Toviklin et dans la plupart des communes du Couffo. Elle succède à son père qui fut un agent de santé reconverti en guérisseur traditionnel. Cependant, l’antériorité historique de cette ‘‘chefferie’’ n’a pu être établie ». La prise en compte du pouvoir traditionnel Dendi à Karimama comme royauté n’est pas validée, mais Karimama est considéré comme une chefferie supérieure. « Dans la nomenclature des chefs, il n’y a pas d’émirat. L’émirat est religieux et non politique. Ce sont les princes de Gaya qui sont venus s’installer à Karimama. Ils sont partie prenante de l’organisation nigérienne. On a plusieurs cas ; par exemple : Senru Kpéru, Okuta du Nigéria, selon La Nation. Les populations autour de Karimama ne reconnaissent pas l’autorité de l’Emir parce qu’il est étranger à leur tradition », précise le gouvernement, avant de poursuivre : « Il y a dans le territoire des Dendi, des Fulbe, des Gulmaceba, des Tchenga… Cette diversité pose le problème d’une cohésion garante d’une éventuelle unité politique. Chaque groupuscule a son leader auquel il est soumis ». Banikoara, selon le Comité et le gouvernement, ne saurait être évoqué dans le concert des chefferies traditionnelles. « Banikoara a un statut confus parce que c’est le point de rencontre de plusieurs groupes : Baatombu (stricto sensu), Waaba, Gulmaceba,… Seule la localité de Ounet est nettement marquée Wassangari parce que le roi de Niki y a pris femme et a eu des enfants. La branche dynastique Tosu qui fonda le royaume de Bouè y est fortement implantée », explique-t-on. De plus, « il y a d’autres raisons qu’on tait par décence : chaque discipline a aussi une déontologie qu’on respecte. Dans le territoire de Banikoara, il y a Ounet qui est visible. Ounet est rattaché à Bouè et le chef de Ounet participe aux réunions des Tosu de Bouè. Au total, Banikoara est hybride pour les raisons évoquées ci-dessus et ne saurait être évoqué dans le concert des chefferies traditionnelles du Borgou », a répondu l’Exécutif. Ouèssè, Toucountouna et autres dans la danse La demande d’intégration de la chefferie traditionnelle Sanga de Toucountouna n’ a été possible parce que, il a été signalé que les chefferies de l’Atacora ouest et de la Donga ont été prises en compte à travers un regroupement suivant des organisations sociolinguistiques en présence. Le pouvoir central affirme que « la chefferie traditionnelle Sanga de Toucountouna est bel et bien prise en compte lorsqu’on évoque la chefferie coutumière des Natemba. Le cas de Toucountouna n’est pas pensable isolément ; on est dans une société acéphale ». La réponse donnée à la chefferie de Odougba est que cette localité n’a jamais été référencée dans une quelconque littérature scientifique et que même les traditions orales à ce jour, ne retracent pas un statut de chefferie à cette localité qui reste un village parmi tant d’autres. A Vossa, après le règne du premier roi, aucune chefferie n’a pu prospérer à l’installation du colon français. Le gouvernement a dit pour le cas de la chefferie traditionnelle de Gbanlin que « la date du supposé règne du roi Sossa Katisso 1895-1944 prouve qu’il s’agit d’un récit qui ne peut prospérer. Aucune chefferie n’a pu prospérer à l’installation du colon français. Cette seule référence invalide la requête». Djègbé souhaite le titre de chefferie traditionnelle. Or, Ouessè est considéré comme la chefferie des Mahi qui reconnait l’autorité royale de Savalou à qui est faite allégeance, rappelle-t-on. A Porto-Novo, Houézénou serait une dynastie royale. Là encore, recours est fait à l’histoire. « Migan est désigné premier ministre par Tofa à Hogbonou. Le groupe issu des Migan ne saurait réclamer une autorité royale. Il est au service du roi », insiste le gouvernement. Pobè réclame aussi son statut de royaume. En réponse, l’Exécutif affirme que la ville a valeur d’entité religieuse et non politique. Et qu’en raison de leur fonction spécifique, les entités religieuses ne sont pas prises en compte dans ce projet de loi.













