Réunis en Congrès ce samedi 4 avril 2026, les parlementaires camerounais ont approuvé une révision constitutionnelle instaurant la fonction de vice-président. Présentée comme un mécanisme de stabilisation institutionnelle, la réforme suscite de vives critiques au sein de l’opposition et de la société civile.
Au Parlement du Cameroun, l’Assemblée nationale et le Sénat ont validé ce samedi, le projet de loi modifiant certaines dispositions de la Constitution. La réforme introduit un poste de vice-président appelé à jouer un rôle central dans la succession présidentielle. Défendu par le gouvernement, ce dispositif est censé renforcer la continuité de l’État et améliorer la gestion des transitions au sommet du pouvoir. Avant le vote du projet de loi, le doyen d’âge du Sénat, Ze Nguele, a appelé à une clarification du rôle du futur vice-président, estimant que la fonction ne saurait être « corvéable à merci » si elle est amenée à diriger le pays. Du côté de l’opposition, la députée du PCRN, Ngo Issi, a dénoncé la création d’un « dauphin administratif », accusant le pouvoir de verrouiller davantage l’espace démocratique. Même tonalité chez Jean-Michel Nintcheu, qui a évoqué une « dérive monarchique » et un « coup d’État constitutionnel », avant d’appeler les parlementaires à s’opposer à ce qu’il considère comme une remise en cause du principe de souveraineté populaire. En dehors de l’hémicycle, la contestation s’est également exprimée. Le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, a fustigé une réforme visant, selon lui, à pérenniser le pouvoir en place. Il y voit une « capture institutionnelle » pour une succession sans légitimité électorale. Des voix issues de la société civile, à l’image de Cyrille Rolande Béchon de l’association Nouveaux droits de l’homme, dénoncent quant à elles un poste « vide de contenu » susceptible de servir d’outil de contrôle politique. Face à ces critiques, la majorité défend une réforme conforme aux engagements du pays. Le député du RDPC, Roger Nkodo Ndang, a insisté sur la compatibilité du texte avec la Constitution et les conventions de l’Union africaine. Le ministre de la Justice, Laurent Esso, a pour sa part évoqué un impératif de « fonctionnalité » de l’État, tandis que Grégoire Owona a mis en avant les bénéfices attendus en matière de stabilité électorale et de continuité institutionnelle.Cameroun : le Parlement adopte la création d’un poste de vice-président
Réunis en Congrès ce samedi 4 avril 2026, les parlementaires camerounais ont approuvé une révision constitutionnelle instaurant la fonction de vice-président. Présentée comme un mécanisme..
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