Boni Yayi aux urnes : les raisons de son absence lors des élections du 11 janvier, selon Azatassou

Battu aux élections législatives du 11 janvier 2026 et absent de la prochaine Assemblée nationale, le parti Les Démocrates refuse de parler de renoncement. Dans..

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Battu aux élections législatives du 11 janvier 2026 et absent de la prochaine Assemblée nationale, le parti Les Démocrates refuse de parler de renoncement. Dans un entretien accordé à Enjeu d’Afrique, Eugène Azatassou, coordonnateur du cadre de concertation de l’opposition et vice-président du parti Les Démocrates, justifie la participation de son parti au scrutin, dénonce de présumées fraudes massives et réaffirme la détermination de sa formation à poursuivre le combat politique. Il est par ailleurs revenu sur l’absence du leader du parti Boni Yayi le jour du scrutin.

L’absence de l’ancien président Boni Yayi, président du parti d’opposition « Les Démocrates », lors de la tenue des législatives et communales du dimanche 11 janvier 2026, est bel et bien motivée, selon le vice-président Eugène Azatassou. Cette absence remarquée du leader du parti, durant la campagne, et même le jour des élections, Eugène Azatassou vice-président et coordonnateur du Cadre de concertation des partis d’opposition la justifie par des raisons de santé, mais aussi d’autres facteurs, qui, selon lui, ont pesé sur la capacité de sa formation politique LD, à battre campagne de manière optimale. Dans une récente sortie médiatique, l’ancien coordonnateur de la Force Cauris pour un Bénin Emergent (Fcbe) l’a martelée et en a profité pour critiquer le régime en place comme à ses habitudes. Azatassou justifie aussi la participation de LD au scrutin malgré le faible score Le parti Les Démocrates n’a obtenu aucun siège à l’Assemblée nationale à l’issue des élections législatives du 11 janvier 2026, avec un score officiel avoisinant les 16, 20%, en deçà du seuil requis de 20 %. Un revers électoral que l’un de ses cadres dirigeants, Eugène Azatassou, attribue principalement à ce qu’il qualifie de « fraude massive » et de manœuvres destinées à confisquer le suffrage populaire. Interrogé sur la pertinence d’avoir participé à un scrutin dont les conditions étaient décriées par l’opposition, l’ancien ministre clarifie. Selon lui, boycotter les élections aurait facilité la tâche au pouvoir en place. La participation des Démocrates visait, au contraire, à mettre en lumière les dysfonctionnements du processus électoral et à démontrer, aux yeux de l’opinion nationale et internationale, les limites du cadre électoral en vigueur. Pour Eugène Azatassou, cela s’est matérialisé par ce qu’il qualifie « d’achat de consciences », l’ouverture tardive de bureaux de vote et des « irrégularités observées jusque dans des zones urbaines comme Cotonou et Abomey-Calavi ». À ses yeux, ces pratiques rendent l’Assemblée issue du scrutin « politiquement illégitime », indépendamment de la participation de son parti. L’acteur politique reconnaît toutefois l’échec électoral et l’absence de mobilisation populaire espérée. Il admet que la stratégie déployée n’a pas produit les résultats attendus, tout en estimant que cette expérience servira de base à une réorganisation interne. Le parti, affirme-t-il, entend tirer les leçons de cette séquence pour adapter ses méthodes et ses stratégies futures. Pour Eugène Azatassou, l’enjeu dépasse la conquête de sièges au parlement. Il s’agit avant tout de contester l’orientation actuelle de la gouvernance du pays et de maintenir l’opposition en vie. Un combat qu’il promet de poursuivre, convaincu que « l’on ne dirige pas un peuple indéfiniment contre sa volonté » et que la recomposition de l’opposition béninoise reste inévitable. Pour rappel lors de la proclamation des résultats le lundi 19 janvier, la Cour constitutionnelle a évoqué des ratés mais qui selon les sages n’ont en rien compris la transparence des élections. Les Organisation de la société civile (OSC), qui ont déployé des observateurs sur le terrain le jour du scrutin, ont abondé dans le même sens que les sages de la Cour.

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