Bénin : Salimane Karimou dévoile le nouveau visage de l’école, cantines scolaires, enseignants qualifiés…

Le ministre des enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou était hier sur l’ORTB, où il a profité pour faire le point des réalisations dans son secteur depuis 2016. Des réformes en passant par les réalisations, il n’a occulté aucun détail. Réformes structurelles Avant 2016, l’éducation au Bénin était fortement perturbée par des grèves incessantes, réduisant…

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Le ministre des enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou était hier sur l’ORTB, où il a profité pour faire le point des réalisations dans son secteur depuis 2016. Des réformes en passant par les réalisations, il n’a occulté aucun détail.

Réformes structurelles Avant 2016, l’éducation au Bénin était fortement perturbée par des grèves incessantes, réduisant les années scolaires à cinq mois au lieu de neuf. Cette situation a eu des répercussions négatives sur la qualité de l’éducation et a conduit à une perte de confiance des parents envers l’école publique. Pour remédier à cela, le gouvernement a encadré le droit de grève dès 2016. Bien que cette réforme ait suscité des réticences au départ, elle est désormais largement saluée, y compris par les enseignants. Cette mesure a permis de stabiliser le calendrier scolaire, avec des années académiques régulières allant de septembre à juin, comme dans les pays développés. En conséquence, la confiance dans l’école publique s’est améliorée, et les parents sont désormais opposés à tout retour aux anciennes pratiques perturbatrices. En outre, le Bénin a intensifié ses efforts pour améliorer la gestion de l’enseignement primaire à travers plusieurs autres réformes. Un exemple majeur est l’extension des cantines scolaires. En 2016, seules 17% des écoles bénéficiaient de cantines, impactant 250 000 enfants, avec des repas servis de manière sporadique. Grâce à des politiques ambitieuses, environ 1 300 000 enfants reçoivent aujourd’hui un repas chaud dans plus de 80% des écoles primaires, tout au long de l’année scolaire. Cette avancée a également permis d’augmenter le taux de rétention scolaire, passé de 72% en 2016 à 96% en 2023. Le pays aspire à atteindre une couverture totale des cantines scolaires d’ici 2026 et prévoit l’adoption d’une loi pour pérenniser leur financement. Les subventions de l’État aux écoles publiques ont aussi été renforcées. Jusqu’en 2016, de nombreuses écoles ne recevaient qu’une partie des subventions, perturbant leur fonctionnement. Depuis, le gouvernement s’assure que toutes les écoles maternelles et primaires reçoivent leurs subventions en temps voulu, ce qui a permis une meilleure gestion des ressources pédagogiques. Renforcement des infrastructures En 2016, le Bénin faisait face à un manque criant d’infrastructures scolaires, avec un déficit de 8 794 salles de classe dans le primaire. Pour combler cet écart, 8 000 salles de classe ont été construites et 3 000 autres réhabilitées, permettant d’améliorer le ratio élèves/salle de classe. En 2023, ce ratio est passé à 40 élèves par salle, en dessous de la norme de 50 élèves par classe. Cette amélioration a favorisé une augmentation du taux de réussite au Certificat d’Études Primaires (CEP), qui est passé de 41,98% en 2016 à 81,29% en 2023. Le gouvernement prévoit de maintenir cette dynamique en poursuivant la construction et la réhabilitation des salles de classe pour accompagner l’augmentation de la population scolaire. De plus, des efforts considérables ont été déployés pour fournir des kits scolaires et des cahiers d’activités aux enfants vulnérables des classes de CI (Cours d’Initiation) et CP (Cours Préparatoire). Cette initiative vise à garantir l’égalité des chances pour les élèves issus de milieux défavorisés. En 2023, plus d’un million d’enfants ont reçu ces fournitures, et le gouvernement envisage d’atteindre une couverture totale des enfants vulnérables dans les 77 communes du pays. Renforcement des ressources humaines Le manque d’enseignants qualifiés était un autre défi majeur du secteur éducatif béninois. Avant 2016, de nombreuses écoles dépendaient d’enseignants communautaires non qualifiés, souvent artisans, recrutés par les parents pour pallier l’absence d’enseignants. En 2016, le déficit en personnel enseignant s’élevait à 12 126. Depuis, le gouvernement a entrepris des mesures pour garantir qu’une salle de classe dispose d’un enseignant qualifié. En 2017, 3 461 enseignants contractuels ont été recrutés et 3 088 enseignants en poste administratif ont été redéployés dans les salles de classe. De plus, plus de 16 000 Agents des Maternelles et des Écoles (AME) ont été déployés sur tout le territoire. Pour renforcer la qualité de l’enseignement, le nombre d’inspecteurs et de conseillers pédagogiques a été quintuplé, passant de 28 inspecteurs en 2016 à 151 en 2023, avec 300 conseillers pédagogiques nouvellement formés. Ces agents jouent un rôle essentiel dans l’amélioration de la qualité de l’enseignement, avec une couverture d’inspection qui concerne désormais 60% des écoles, contre seulement 25% avant 2016. Des efforts supplémentaires ont également été entrepris pour moderniser la gestion scolaire. La numérisation a permis de mettre en place une plateforme de gestion de la vie scolaire, permettant aux écoles de suivre le parcours des élèves et d’organiser les examens de manière plus transparente.

 

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