Le Bénin s’est inscrit depuis quelques années sur la voie de l’industrialisation. À la Zone franche Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), les matières premières brutes sont transformées par des entreprises locales ou étrangères. Cependant, le fonctionnement de cette zone économique spéciale est diversement interprété au sein de l’opinion publique nationale.
Pendant que certains y voient une mise en œuvre du programme d’action du gouvernement, d’autres dénoncent plutôt l’accaparement par la GDIZ de la quasi-totalité des matières premières agricoles produites sur l’étendue du territoire national. Aussi, s’indignent-ils contre les prix d’achat, souvent dérisoires, auxquels ces matières premières sont cédées par les agriculteurs. Lors de l’émission « Grand Angle » du dimanche 08 décembre 2024, sur Crystal News, Arsène Fado, expert industriel a réagi sur le sujet, apportant des clarifications sur l’essence même de la GDIZ. Dans son intervention, il soutient contrairement à certaines opinions que « la GDIZ est loin d’être un trompe-l’œil ». Pour justifier son point de vue, il est parti de la nuance entre « développement agricole et industriel ». Alors que le premier vise l’accroissement de la production agricole, le second quant à lui, touche à la transformation de ces produits, a-t-il expliqué. De ce fait, Arsène Fado a fait savoir qu’à l’étape actuelle des choses, il est impossible que des industries de transformation soient implantées dans chaque bassin de production. Ce qui justifie le fait que les matières premières soient ramenées vers la zone économique de Glo-Djigbé, pour satisfaire les besoins des industries en place. La GDIZ produit pour l’extérieur Interrogé au sujet des béninois disposant d’entreprises à la zone industrielle de Glo-Djigbé, l’expert industriel a fait savoir que les conditions d’accès sont « extrêmement transparentes pour accéder à la GDIZ en tant qu’industrie ». Seulement, « il y a la capacité de financement qui est importante dans la mise en place d’une industrie », va-t-il faire observer, pour montrer que l’État n’a pas favorisé outre mesure, des entreprises étrangères, implantées en grand nombre à la GDIZ. Lire aussi: [GDIZ: le ministre Bio Tchané séduit par l’avancée des travaux))>https://www.linvestigateur.info/?GDIZ-le-ministre-Bio-Tchane-seduit-par-l-avancee-des-travaux&var_mode=calcul] Il a expliqué par ailleurs que, Glo-Djigbé a été mis en place surtout pour l’exportation. « Parce qu’aujourd’hui, aucun pays au monde ne se développe s’il n’exporte que les matières brutes. Le marché intérieur est pourvu par les entreprises qui s’installent partout. Les entreprises qui s’installent à la GDIZ sont celles qui sont sensées apporter des devises pour le Bénin », a-t-il déclaré. L’expert industriel a toutefois indiqué qu’il y a toujours une partie réservée pour le marché local mais cette partie est faible. « Il y a une proportion à exporter et à mettre sur le marché local. Si vous vendez une partie de ce qui doit être exporté sur le marché local, vous êtes taxé. Le but visé est d’éviter que ces derniers fassent la concurrence déloyale à ceux qui sont déjà sur le marché locale et qui font la même production », a-t-il expliqué. Arsène Fado a, pour finir, salué la vision du président Patrice Talon, qui a voulu créer de la valeur ajoutée en mettant en place le pôle commercial de Glo-Djigbé.















