Au Bénin, la configuration actuelle du Sénat béninois n’est pas du goût de l’opposition. Intervenant ce dimanche 18 octobre 2026 dans l’émission « L’entretien Grand format» sur Bip Radio, Nourénou Atchadé, président élu du parti Les Démocrates (LD), a exprimé des réserves vis-à-vis de la haute chambre du parlement.
Née de la révision constitutionnelle de novembre 2025, la nouvelle institution a été officiellement installée le 30 juillet 2026. Mais sa composition suscite des interrogations au sein de l’opposition.
Reçu dimanche sur Bip radio, le président du parti Les Démocrates est revenu sur le mode de désignation des sénateurs. Selon lui, la méthode choisie n’est pas la bonne et ne correspond pas aux standards observés ailleurs.
Il rappelle que les membres doivent être désignés par le président de la République et par l’Assemblée nationale, en plus des membres de droit. Or, fait-il remarquer, l’Assemblée nationale actuelle est elle-même « monocolore » et proche du pouvoir exécutif.
D’où son constat sans détour : « Ça veut dire qu’on a un parlement monocolore. On aura un sénat monocolore ». Pour lui, la présence de Boni Yayi, ancien président du parti Les Démocrates, ne change pas fondamentalement ce tableau. Il le considère comme un cas isolé, « un singleton », dans cette architecture.
Nourénou Atchadé insiste également sur l’importance des prérogatives accordées au Sénat. Doté de pouvoirs forts, il aurait dû, selon lui, mieux refléter la diversité nationale dans sa composition. « Boni Yayi est un membre de droit. Vous pensez que s’il devait être désigné, il serait là ? Il est dans une institution de plus puisque lui-même avait appelé à ne pas voter pour la création de l’institution », a-t-il expliqué.
Toutefois, le président des Démocrates ne souhaite pas que Boni Yayi boude l’institution. A ses yeux, dire à l’ancien président de ne pas siéger serait une « erreur », car sa voix peut compter à l’intérieur même du Sénat désormais créé.
Pour rappel, le Sénat béninois est composé de 25 membres dont les anciens présidents de la République, de la Cour constitutionnelle, de l’Assemblée nationale. Par ailleurs, cinq personnalités ayant été aux commandements des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) sont désignées par le Chef de l’Etat et le président de l’Assemblée nationale.
A l’origine, le projet de création de l’institution avait été jugé « inopportun» et « trop coûteux » par une partie des Béninois, dont l’ancien président de la République Boni Yayi. Celui-ci avait auparavant annoncé qu’il n’exercera pas son droit de sénateur avant de changer finalement de posture, via une lettre publiée le 22 juillet 2026 sur sa page Facebook.











