Le président béninois Romuald Wadagni a effectué un voyage dans deux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), ce mardi 2 juin 2026. À l’analyse, ce voyage dans les deux pays, à savoir le Niger et le Burkina Faso, pourrait régler, au-delà des questions diplomatiques, d’autres malentendus.
En effet, il s’agit d’un dénouement heureux en vue pour le Bénin et ses voisins qui se regardaient en chiens de faïence. En même temps qu’il annonce le début d’une complication pour le panafricaniste Kèmi Séba, Sabi Korogoné et Cie, recherchés par la justice béninoise.
Kemi Seba en détention provisoire en Afrique du Sud a-t-il plus de soucis à se faire autant que les militaires putschistes recherchés par la justice, sans oublier Sabi Korogoné ? La question est de toute façon sur les lèvres depuis l’investiture du président béninois Romuald Wadagni, le 24 mai dernier. Cette investiture a connu la présence d’Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères du Mali, Lamine Zeine, Premier ministre du Niger, et enfin Jean-Marie Karamoko Traoré, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso.
S’il est vrai que depuis 2023, le Bénin et ses voisins, en l’occurrence le Niger et le Burkina Faso, sont contraints par la montée en flèche du terrorisme, de cohabiter, il est tout aussi vrai que l’arrivée des militaires au pouvoir a pourri les relations autrefois cordiales entre les trois pays.
Le premier pas ayant été effectué par le Niger, le Burkina Faso et le Mali dans une certaine mesure, à travers l’arrivée de leurs représentants à l’investiture du président Romuald Wadagni, ce dernier devrait leur rendre la pareille. À la lecture de la situation, son voyage dans ces pays après le Nigeria est le signe évident qu’il a pris le bon bout. L’essentiel pour les peuples demeure la sécurisation des frontières entre ces pays et surtout la paix. Désormais, à partir du réchauffement des relations entre les pays, le gros problème lié à la lutte contre le terrorisme pourrait avoir un début de solution. Au-delà, les Béninois « wanted » par la justice béninoise après le malheureux coup d’État du 7 décembre, déjoué, doivent se faire plus de soucis.
Kèmi Séba, Sabi Korogoné, quel sort ?
Si les relations entre le Bénin et le Niger se bonifient comme on le perçoit à travers l’accueil réservé par les autorités nigériennes au président Romuald Wadagni, le premier à en souffrir demeure le président de l’ONG Urgences Panafricanistes. Kèmi Séba, en détention en Afrique du Sud depuis plusieurs semaines déjà, a, semble-t-il, la corde au cou. L’étau se resserre autour du Béninois connu pour sa verve et ses positions tranchées contre la France au premier plan, et sa lutte, dit-il, dont le but consiste à faire le deuil du colonialisme. Visé par un mandat d’arrêt de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), le conseiller spécial du général Abdourahamane Tiani perd de jour en jour, les pédales. La situation lui échappe, peut-on dire, et au cas où il serait relâché par la justice sud-africaine, il est fort à parier qu’il prendrait une autre destination que celle du Niger. Le béninois naguère adulé mais dont la méthode devenue un has-been, ne fait plus école. Persona non grata dans l’espace Schengen, seule la Russie serait peut-être son pays d’accueil. Encore que les relations entre le Bénin et le pays de Vladimir Poutine, déjà chaleureuses, ne lui prédestineraient pas un séjour paisible à Moscou..
Si Kemi Seba, a priori, s’est taillé un vêtement à sa mesure, le boubou que s’est cousu Sabi Korogone en revanche est plus long que l’ancien président du parti Mouvement Populaire de Libération (MPL). Est-il au Tchad ou dans l’espace AES ? Voilà la question. Devenu accro des réseaux sociaux par concours de circonstances, M. Korogoné, à travers ses récents posts sur le Bénin, prouve pleinement qu’il a désormais une dent dure contre l’ancien président Patrice Talon et son successeur Romuald Wadagni. Dans le viseur de la justice comme ceux qui ont encouragé la prise de pouvoir par les armes, une initiative qui a échoué le 7 décembre dernier, il est en toute logique sous le coup d’un mandat d’arrêt. Et le réchauffement des relations entre le Bénin et les pays du Sahel lui coûterait assez.
Quant au lieutenant-colonel Pascal Tigri, activement recherché au lendemain du coup d’État manqué du 7 décembre 2025, ça sent le roussi. Déjà, certaines presses l’annoncent hors de l’espace AES. Si c’est réel, c’est qu’il doit aller encore plus vite que ça afin d’échapper définitivement à la justice de Cotonou. L’espace AES ne garantit plus en aucun cas de sécurité pour ces béninois qui ont maille à partir avec la justice de leur pays.















