Angela : « rejeter le bien-fondé de l’avortement, c’est chosifié la femme »

Se prononçant sur l’actualité relative à l’avortement dont le projet de loi est sur la table des députés, l’auteure du livre « Bris de silence..

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Se prononçant sur l’actualité relative à l’avortement dont le projet de loi est sur la table des députés, l’auteure du livre « Bris de silence », Angela Kpeidja a pris le contre-pied des évêques qui y sont opposés. A la lumière des exemples palpables et la réalité sur le terrain, elle démontre que la loi sur la table des députés, apporterait un plus dans le domaine de la santé, si elle arrivait à être votée. Lire son argumentaire.

L’avortement doit être sécurisé sous nos cieux Le débat n’est pas de légaliser ou non l’avortement. Que faisons-nous pour protéger ces milliers de femmes qui décèdent dans notre pays chaque année à cause d’une complication de grossesse, d’accouchement ou d’un avortement à risque ? J’ai 22 ans d’expérience en tant que spécialiste en communication pour la santé. Avant d’entamer cette carrière, j’avais travaillé 4 ans dans un cabinet médical en tant que paramédicale. Je me souviens encore de cette nièce disparue et retrouvée finalement à la morgue du CNHU. Elle avait eu des rapports sexuels non protégés avec son cousin qui l’avait ensuite amené chez un apprenti médecin pour un avortement non sécurisé. Et cette autre qui en couple, tombe enceinte et essuie le refus de son conjoint d’assumer la grossesse? Pour cause, le mari est en couple avec une autre. L’avortement réalisé dans la clandestinité, tourne au drame et est référé au CHU/MEL où les spécialistes ont été obligés de lui enlever son utérus pour la sauver. Il y a eu une autre qui a perdu une bonne partie de son intestin parce que l’interruption volontaire de grossesse a été pratiquée avec un rayon de vélo. Je venais à peine de commencer ma carrière dans les médias. J’ai encore les images… Les femmes sont les plus vulnérables biologiquement à l’infection au VIH/SIDA. Pourtant, elles sont celles qui doivent négocier le port du préservatif pendant que l’homme a la possibilité d’acheter un préservatif (sans craindre le regard de la société) et ensuite de le porter s’il en décide ainsi. Même en couple, je suis obligée d’avoir le consentement de mon homme avant de me mettre sous contraception. Pourtant, il s’agit de ma santé !!! | Lire aussi: Abomey-Calavi: arrêt de rigueur des agents pénitentiaires après évasions à la prison civile | Lire aussi: Éducation: pour contrôle de virginité des élèves filles, un directeur et son adjoint suspendus | Lire aussi:

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