L’ancien ministre délégué chargé de la défense nationale et porte-parole du gouvernement, Candide Armand-Marie Azannaï, a réagi depuis la prison d’Akpro-Missérété. Après six mois de séjour carcéral, l’ancien allié du régime de la Rupture a voulu situer l’opinion nationale et internationale. Dans sa déclaration, il a évoqué les raisons qui ont sous-tendu cette sortie médiatique inattendue.
C’est un secret de Polichinelle. Depuis son placement sous mandat de dépôt, l’ancien ministre de la défense nationale et porte-parole du gouvernement, Candide Azannaï, a gardé un silence inhabituel. Par le truchement d’une déclaration rendue publique ce vendredi 26 juin 2026, le président du parti Restaurer l’Espoir (RE), a décidé d’alerter l’opinion nationale et internationale. Dans sa déclaration, à l’en croire, il ne bénéficierait pas des conditions requises. « Depuis le commencement de cette épreuve, j’ai volontairement choisi le silence. Je me suis abstenu de toute communication publique afin de ne pas être accusé d’interférer avec une procédure judiciaire dont chacun peut apprécier les conditions dans lesquelles elle se déroule », a écrit l’ancien député.
Au passage, il va rappeler que ce silence n’est guère « une résignation ou encore moins une faiblesse ». « Mais parce qu’il considère qu’un homme attaché à l’État de droit doit d’abord respecter les institutions, même lorsqu’il estime être victime d’une profonde injustice. »
Muet comme une tombe, ce qui n’est pas de ses habitudes, Candide Azannaï va rappeler qu’il est temps, selon lui, six mois après, de briser l’omerta. « …il est de mon devoir d’alerter l’opinion publique nationale et internationale sur des faits particulièrement préoccupants concernant les conditions de ma détention provisoire, ainsi que sur certains agissements du régisseur de la maison d’arrêt d’Akpro-Missérété, où je suis détenu depuis plus de six (06) mois. », estime le n°1 de la « Résistance » nationale.
Il dit être maintenu en isolement 24 h/24, contrairement aux autres détenus, qu’il ne bénéficie pas de ses « moments de promenade auxquels tout détenu peut légitimement prétendre » et, pire encore, l’ancien ministre soutient qu’il est « privé de son médecin » alors que sa santé aurait pris un véritable coup depuis décembre qu’il est derrière les barreaux. La situation qu’il vit aurait été signalée aux autorités, dont le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), mais Candide Azannaï se demande si le destinataire est au courant des nombreuses lettres qui lui ont été adressées.
« À plusieurs reprises, j’ai saisi par écrit le directeur de l’Agence pénitentiaire du Bénin ainsi que le procureur spécial afin de dénoncer cette situation. », soutient-il.
Mais en réponse à ses nombreuses plaintes, le régisseur de la prison civile d’Akpro-Missérété lui aurait proposé une balade tardive, mais il a refusé, a-t-il décrit.
« En réponse, le régisseur est venu un soir me proposer d’effectuer seul une séance de course à pied à 19 heures, à un moment où il faisait déjà sombre et nuit, où la cour était entièrement vide et où les autres détenus avaient regagné leurs cellules. », déclare Candide Azannaï.
Azannaï souhaite que les mêmes conditions soient accordées à tous
« Je me suis interrogé sur les raisons d’une telle proposition. Par prudence, je l’ai déclinée, demandant simplement que les dispositions prévues par mon mandat de dépôt ainsi que les textes applicables soient respectées, dans les mêmes conditions que pour les autres détenus. », estime-t-il.
S’il est vrai qu’il souhaite que ses conditions de détention provisoire soient respectées au même titre que celles des autres détenus, l’ancien ministre va également alerter sur les visites inopinées et suspectes dont il bénéficie dans sa cellule après sa comparution du 18 juin dernier chez le juge de la Criet.
« Depuis mon retour de comparution, le 18 juin dernier, ma cellule fait l’objet de visites inopinées et répétées, intervenant tard dans la nuit, (…), dans des circonstances opaques et pour des motifs manifestement non déclarés. », alerte-t-il.
Poursuivi pour « complot contre l’autorité de l’État » et « incitation à la rébellion », l’ancien ministre Candide Azannaï a été auditionné pendant huit heures d’horloge par le juge le 18 juin dernier.
Il a été arrêté en décembre 2025 devant le siège de son parti dans un quartier de Cotonou (Mènontin). Pendant la même période, il y a eu plusieurs arrestations dans le cadre de l’affaire liée au coup d’État manqué du 7 décembre 2025.
Son audition du 18 juin reste sous le couvert du secret de l’instruction, mais il faut dire que sa présentation au juge, ce 18 juin, est sous-tendue par une exigence du Code de procédure pénale.












