Le journal Jeune Afrique a publié ce vendredi 14 mars 2025, une interview de Patrice Talon dans laquelle, le Chef de l’Etat béninois a déclaré que son ami intime, son frère et son ex-partenaire d’affaires est “devenu un monstre que lui-même a créé”.
Dans cette interview, le président de la République du Bénin a révélé qu’il a été informé de l’existence d’un complot, “ »à la mi-août 2024, au retour de” ses vacances. Il a précisé que c’est le Lieutenant-Colonel Djimon Dieudonné Tévoédjrè, commandant de la Garde Républicaine qui a insisté à le voir.
Une fois avec le premier Magistrat du pays, le Commandant de la Garde républicaine raconte : « Monsieur le président, m’a-t-il dit, il y a quelque chose de grave dont je dois vous parler et qu’il vous sera pénible d’entendre. J’ai été contacté par l’ex-ministre Oswald Homeky afin de perpétrer un coup d’Etat contre vous, pour le compte de M. Olivier Boko ». Après avoir entendu le récit de son plus proche collaborateur, sa première réaction est qu’il était abasourdi. Il a demandé sur le champ au Colonel Tévoédjrè de couper tout contact avec eux. Mais ce dernier a dit au président Talon : . « Je ne peux pas, m’a répondu le colonel, ce putsch, ils vont le tenter par d’autres moyens. Ils sont déterminés. Ce n’est pas une affaire familiale, c’est une affaire d’État. » Avec cette réponse du Commandant de la Garde républicaine, le président a signifié qu’il est sorti quelques minutes pour se rafraîchir le visage.
“ J’ai réfléchi, puis je lui ai dit : « Colonel, faites ce que vous commande votre devoir. »
Quelques jours plus tard, il est revenu me voir, après une nouvelle rencontre avec les comploteurs. Ces derniers s’étaient dit disposés à lui remettre une forte somme d’argent – 1,5 milliard de FCFA -pour l’aider à convaincre ses subordonnés de la Garde républicaine de le suivre dans cette aventure. C’est là que je me suis réellement rendu compte que cette histoire était sérieuse” a-t-il fait savoir . Le Chef de l’Etat béninois a par ailleurs affirmé qu’il a sa part de responsabilité. Selon lui, sans s’en rendre compte, il a créé “un monstre qui, telle une araignée, avait méthodiquement tissé sa toile dans tous les milieux de la vie publique : politiciens, magistrats, services de sécurité, hommes d’affaires”. “Comme, avant chaque nomination, il était chargé de me présenter le CV des candidats, il s’en attribuait le mérite auprès des intéressés. Il s’était entouré d’une cour de flatteurs qui l’encourageait dans son ambition. Et c’est cela qui l’a perdu…. » a souligné Talon .














