Au cours de sa récente participation au Forum de Crans Montana à Bruxelles, Aurélien Agbénonci, ancien ministre des Affaires étrangères du Bénin a donné son avis sur la création de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Il a abordé des questions sensibles concernant la gouvernance en Afrique.
Aurélien Agbénonci a exprimé sa satisfaction par rapport aux efforts entrepris pour redorer l’image de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Il estime que la rencontre du Forum de Crans Montana a permis de « dédiaboliser ce qu’on appelle l’Alliance des Etats du Sahel ». Pour lui, cette Alliance n’est rien de plus qu’une « réunion de trois Etats qui ont décidé de travailler ensemble et de survivre ensemble ». Une déclaration qui vise en somme à atténuer les perceptions négatives que certains ont de l’AES, souvent critiquée sur la scène internationale. Lire aussi: [Mali : le Premier ministre Choguel Maïga défend un document critique contre la junte)>https://www.linvestigateur.info/?Mali-le-Premier-ministre-Choguel-Maiga-defend-un-document-critique-contre-la&var_mode=calcul ] Profitant de l’événement tenu à Bruxelles, l’ancien patron de la diplomatie béninoise a critiqué certains dirigeants africains qui modifient les lois de leurs pays pour se maintenir au pouvoir. « Lorsque les Etats s’engagent à sanctionner les coups d’états militaires, ils oublient quelque chose : les coups d’état institutionnels. Au niveau de la population, les valeurs sont les mêmes », a-t-il dit. Selon Aurélien Agbénonci, ces manipulations législatives pour conserver le pouvoir sont tout aussi répréhensibles et déstabilisantes que les coups de force militaires. L’ancien ministre n’a pas non plus manqué de critiquer les sanctions imposées récemment par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédeao) contre le Niger suite à un coup d’Etat. Il a insisté sur le fait que les sanctions ne devraient jamais toucher la dimension humanitaire. « Les Etats doivent respecter les règles qu’ils se donnent. Quelle que soit la situation, on ne touche pas à la dimension humanitaire. On ne peut prendre des sanctions qui pourraient conduire à la mort de bébés, de femmes ou à la destruction de populations innocentes », a-t-il précisé.















