Coup d’Etat en Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embaló a quitté le Sénégal

L’ancien président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló séjourne depuis quelques heures à Brazzaville, après avoir quitté Dakar dans des conditions encore floues. Renversé par un coup..

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L’ancien président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló séjourne depuis quelques heures à Brazzaville, après avoir quitté Dakar dans des conditions encore floues. Renversé par un coup d’État le 26 novembre, il a trouvé refuge auprès de Denis Sassou Nguesso, un allié de longue date.

Un exil organisé dans l’urgence ? Selon plusieurs médias, dont Jeune Afrique et Confidentiel Afrique, Umaro Sissoco Embaló a quitté Sénégal pour se rendre en République du Congo peu après son arrivée à Dakar. Aucune communication officielle n’a pour l’heure été faite par les autorités congolaises, mais sa présence à Brazzaville est confirmée par diverses sources concordantes. Ce départ précipité intervient dans un contexte diplomatique tendu. En effet, se prononçant sur la situation politique de la Guinée-Bissau, le vendredi 28 novembre, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a dénoncé « une combine » autour du coup d’État. « Ce n’est pas normal. Ils ont même arrêté un homme, Domingos Perreira, qui n’était même pas candidat ! Il doit être libéré le plus rapidement possible. La Commission électorale devrait continuer à faire son travail afin de rendre au gagnant sa victoire », a déclaré le chef du gouvernement sénégalais devant les députés à l’Assemblée Nationale. Umaro Sissoco Embaló entretient depuis plusieurs années une relation politique et personnelle avec Denis Sassou Nguesso, qu’il surnomme « Papa ». Le dirigeant congolais l’avait déjà reçu en janvier 2020 lors d’une tournée africaine de l’ex-président bissau-guinéen. Embaló s’était également rendu à Brazzaville en octobre 2025, quelques semaines avant la présidentielle de son pays. Ces liens anciens font de Brazzaville un refuge naturel pour l’ancien chef d’État, désormais renversé et isolé. Pendant ce temps, la Guinée-Bissau traverse une profonde crise institutionnelle. Le processus électoral y est suspendu, tandis que le général Horta N’Tam a été nommé à la tête de la transition militaire. Plusieurs responsables politiques, dont des proches d’Embaló, ont été arrêtés. Le Premier ministre Ilídio Vieira Té a été désigné pour une période d’un an, et le Major-Général Tomás Djássi a pris la tête de l’état-major. La Cédéao, réunie en session extraordinaire virtuelle, a condamné la prise de pouvoir par les militaires. Elle a suspendu le pays de tous ses organes décisionnels et exigé la libération des détenus ainsi que la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 23 novembre. Une mission de médiation composée de chefs d’État de la région a été dépêchée pour tenter d’obtenir un retour à l’ordre constitutionnel.

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