Au Bénin, l’affaire Steve Amoussou continue de faire des vagues. Dernière évolution dans ce dossier : la condamnation, mardi dernier, par la Criet (Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme) des ravisseurs du web activiste, contre lesquels le Togo a émis des mandats d’arrêt internationaux. Alors que certains estiment que cette intervention rapide de la justice béninoise pourrait atténuer l’effet des mandats d’arrêt, Nourou Dine Saka Saley pense le contraire.
Pour ce juriste et politologue béninois, « la décision de la Criet n’éteint pas l’action publique au Togo ». Il explique que « le fait générateur du mandat d’arrêt émis par le juge togolais ne provient pas de la plainte portée par le procureur spécial de la Criet au Bénin ». En d’autres termes, « le mandat d’arrêt togolais reste en vigueur jusqu’à ce que la justice togolaise le rende caduc, inopérant ou l’annule », a-t-il affirmé. Selon l’expert en droit, pour que la procédure togolaise soit considérée comme achevée, les personnes visées par le mandat d’arrêt devraient se rendre au Togo pour affronter celles déjà placées sous mandat de dépôt. « (…) Peut-être que ces dernières mentent », a-t-il souligné. Dans le cas contraire, après avoir purgé leur peine de prison au Bénin, « si le mandat d’arrêt n’est pas annulé, toute autorité judiciaire dans le monde serait dans l’obligation d’arrêter ces personnes, malgré la fin de leur peine au Bénin », a ajouté le juriste. En ce qui concerne ceux qui n’ont pas été condamnés, comme le Directeur général du Centre National d’Investigation Numérique (CNIN), Ouanilo Médégan Fagla, Nourou Dine Saka Saley les met en garde : « S’ils pensent que la procédure devant la Criet a éteint celle au Togo, qu’ils essayent de sortir du Bénin ». Lire aussi: [Éliminatoires CAN 2025 : Le Nigeria écrase le Bénin 3-0 et prend la tête du groupe D)>https://www.linvestigateur.info/?Benin-un-dangereux-brigand-presume-auteur-d-une-dizaine-de-cambriolages&var_mode=calcul] « Recel et blanchiment de crime » Lors de son intervention ce dimanche 8 septembre 2024 dans l’émission Grand Angle sur Crystal News, Nourou Dine Saka Saley a également évoqué un autre aspect de l’affaire, à savoir l’implication de la Criet elle-même. Le juriste ne comprend pas comment des individus sous mandat international se retrouvent jugés par la Criet. Pour lui, l’acte des ravisseurs de Steve Amoussou s’apparente à du « recel et blanchiment de crime ». Il explique : « On a kidnappé quelqu’un, et un tribunal a accepté cette situation. C’est comme si la Criet blanchissait tout ce qui s’est passé avant la présentation de l’affaire devant elle. » Et de conclure : « Si l’on se réfère au code pénal béninois, un an de prison ferme n’est pas une peine suffisante pour ce genre de délit. La peine minimale est de 10 ans (…) La Criet n’a pas cherché à approfondir. Elle voulait simplement boucler cette affaire ».















