Bénin : remaniement au sein de l’armée, ce qu’il faut comprendre

A la faveur du conseil des ministres du mercredi dernier, les forces armées béninoises ont connu un profond remaniement en leur sein. L’Etat-major en l’occurrence, a changé de main. Que comprendre de ce vaste remaniement, fait de jeu de chaise musicale, juste quelques mois après la prise de pouvoir du président Romuald Wadagni ? Selon…

3 minutes

Temps de lecture

Des militaires togolais radiés de l'armée

A la faveur du conseil des ministres du mercredi dernier, les forces armées béninoises ont connu un profond remaniement en leur sein. L’Etat-major en l’occurrence, a changé de main. Que comprendre de ce vaste remaniement, fait de jeu de chaise musicale, juste quelques mois après la prise de pouvoir du président Romuald Wadagni ?

Selon le magazine Jeune Afrique, le départ du général Fructueux Gbagudi de l’Etat-major général des forces armées béninoises n’est pas une punition comme peuvent le croire certaines mauvaises langues. Auteur de plusieurs réformes à la tête de l’armée jusqu’à son départ de l’Etat-major général, le général Fructueux Gbaguidi, en poste depuis 2022, devient secrétaire permanent du Conseil de défense et de sécurité.

En effet, il faut dire que le départ du général Fructueux Gbaguidi de l’Etat-major général coïncide avec l’arrivée au Bénin du commandant en chef des Forces armées de Haïti en visite à Cotonou, mais le conseil des ministres n’a nullement levé de voile sur les raisons du remplacement du haut gradé des forces armées béninoises. Selon une source au Palais contacté par le média, « Le Conseil de sécurité est placé sous l’égide du président de la République, c’est là que se décident les grandes orientations stratégiques concernant la défense nationale ». Le général Fructueux Gbaguidi rejoint le général Bertin Bada, dans le dispositif sécuritaire mis en place sous l’ancien régime. Le général Fructueux Gbaguidi pourrait également être sur le point d’occuper des fonctions au sein du dispositif onusien dans les mois à venir estime le média.

Un jeu de chaise musicale 

Le nouveau Chef d’Etat-major des armées au Bénin, le général Abou Issa, connu pour son expérience, est l’un des rescapés de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025. Il a pris fonction ce vendredi 6 novembre. Son arrivée à la tête de l’armée s’inscrit « dans la continuité ».

Chef d’état-major de l’armée de terre auparavant, il laisse son poste au colonel-major André Dokoui Fofo, ex-commandant de la Garde nationale. Il  avait été nommé à la tête de l’opération Mirador, le dispositif déployé dans le septentrion pour freiner les incursions des jihadistes en provenance du Niger et du Burkina Faso. Il aura pour adjoint le colonel Toussaint Gbessemehlan.

Selon JA, le président Romuald Wadagni connaît bien le général Abou Issa et le colonel André Dokoui Fofo, pour avoir travaillé étroitement avec eux lorsqu’il était ministre de l’Économie et des Finances.

À la tête de la Garde nationale, le colonel-major André Dokoui Fofo est remplacé par le colonel-major Saturnin Obelakou, autrefois chef d’état-major adjoint de l’armée de terre. Officier du génie notamment formé aux techniques de déminage, le colonel-major Obelakou a été important dans le dispositif de l’opération Mirador ces dernières années. Le chef d’état-major de l’armée de l’air, le colonel-major William Hermann Avocanh, a pour sa part été remplacé à ce poste par son adjoint, le colonel Hervé Allotchenou, discret officier qui fut un temps en poste au sein du cabinet militaire de la présidence de la République.

La Direction des services de liaison et de la documentation (DSLD), les services de renseignements béninois, n’ont pas été touchés par le remaniement. La preuve : le capitaine de corvette Orphée Hounkanrin, de la marine nationale, reste à son poste de patron du renseignement. Il a notamment accompagné le chef de l’État dans plusieurs déplacements ces derniers mois, en particulier lors des rencontres centrées sur les questions sécuritaires, comme ce fut le cas avec Paul Kagame, le 17 septembre, soutient la source.

À propos de l’auteur