La visite de travail du Président Romuald Wadagni à Paris a porté ses fruits. Démarrée le dimanche 4 octobre 2026, elle s’est achevée ce lundi 5 octobre par la signature d’accords majeurs avec des partenaires français.
Au total, le Bénin a mobilisé 65,5 milliards de FCFA, soit près de 100 millions d’euros, pour financer trois secteurs prioritaires : l’électricité, l’agriculture et la santé.
Dans le détail, deux conventions de financement ont été signées avec l’Agence française de développement (AFD) pour un montant de 61,9 milliards de FCFA (94,4 millions d’euros). S’y ajoute une lettre de mandat avec Bpifrance portant sur 3,54 milliards de FCFA (5,39 millions d’euros).
Ces accords ont été paraphés par le ministre délégué chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette, en marge de l’entretien entre le président béninois et le président français.
Le premier volet concerne l’accès à l’électricité. Une enveloppe de 52,1 milliards de FCFA (79,4 millions d’euros) est consacrée à l’extension du réseau de la SBEE. Ce financement combine un prêt de l’AFD de 32,8 milliards et un don de l’Union européenne de 19,3 milliards.
Concrètement, le projet PEDER+ prévoit plus de 120 000 nouveaux branchements dans 750 localités réparties dans 15 communes du Mono, du Couffo et du Borgou. Il s’agit notamment d’Athiémé, Bopa, Comè, Grand-Popo, Lokossa, Aplahoué, Djakotomey, Dogbo, Parakou, N’Dali et Tchaourou.
Au-delà du nombre de branchements, l’objectif est d’améliorer la qualité du service, de réduire les inégalités d’accès et de limiter les pertes du réseau.
Le deuxième axe porte sur l’agriculture. Le Bénin va consacrer 9,8 milliards de FCFA à deux initiatives.
D’une part, 6,6 milliards de FCFA seront investis dans la filière piscicole dans dix communes de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga, dont Banikoara, Kandi, Kérou, Kouandé, Bassila et Djougou. L’ambition est de structurer toute la chaîne de valeur, de l’alevin jusqu’à la commercialisation.
D’autre part, 3,3 milliards de FCFA soutiendront les filières avicole, cunicole, protéagineuse et oléagineuse dans seize communes du Borgou, de la Donga, des Collines et du Zou.
Enfin, le troisième volet concerne la santé et la justice. La lettre de mandat signée avec Bpifrance ouvre la voie au financement de la Plateforme de recherche, d’investigation et d’analyse médico-légale (PRIAM).
Ce projet, mené avec le Laboratoire d’hématologie médico-légale de Bordeaux, permettra au Bénin de se doter d’un laboratoire national d’expertise ADN. Sa capacité est estimée à 30 000 analyses par an, avec une ambition d’accréditation internationale ISO/IEC 17025.
Le programme prévoit également la formation de plus de 500 professionnels et la création d’une filière universitaire dédiée.
A ce jour, les analyses génétiques à valeur probante nécessitaient l’envoi d’échantillons à l’étranger. Elles pourront désormais être réalisées sur place, ce qui permettra de juger plus vite et de renforcer la fiabilité des procédures judiciaires.











