À Sèmè-Podji, la passerelle en bois reliant les villages de Sèkandji et Tchonvi est devenue un véritable parcours du combattant. Plus de vingt ans après sa construction avec des matériaux précaires, l’ouvrage est aujourd’hui dans un état de délabrement avancé.
Sur place, le constat est alarmant : planches usées, fissurées ou manquantes, larges ouvertures laissant apparaître l’eau, supports fragilisés par le temps. Les dépassements y sont périlleux et chaque traversée exige une attention de tous les instants.
Pourtant, cette passerelle n’est pas secondaire. Elle constitue un raccourci stratégique pour les habitants de Tchonvi, dans l’arrondissement d’Ekpé, et les localités voisines. Chaque jour, hommes, femmes et enfants l’empruntent pour rejoindre en quelques minutes leurs activités, leurs écoles ou leurs marchés.
Selon des témoignages recueillis par Le Patriote, la dégradation de l’ouvrage serait à l’origine chaque année d’accidents parfois graves, avec des blessés et des pertes en vies humaines. Les riverains dénoncent le silence des autorités face à leurs nombreuses interpellations.
Un espoir avait pourtant germé avec le Programme d’adaptation des villes au changement climatique, PAVICC. La réalisation d’une passerelle aux normes y était prévue sur l’axe Sekandji – Tchonvi – Ekpé. Lors d’une tournée, un ministre conseiller avait même évoqué l’avancement des travaux. Mais le projet a connu des retards.
Au fil du temps, le pont de Tchonvi aurait été retiré des ouvrages prévus. Des experts évoquent des contraintes écologiques liées à l’habitat des oiseaux pour justifier une révision des normes. Mais les populations ne comprennent pas comment un point de passage aussi fréquenté a pu être écarté.
La reconstruction du pont permettrait de sécuriser les déplacements, de réduire le temps de trajet et d’éviter de nouveaux drames. Elle faciliterait aussi l’évacuation des produits agricoles et l’accès aux services de base pour des milliers d’usagers.
Le gouvernement a réalisé d’importants investissements en infrastructures routières ces dernières années à travers le pays. Dans ce contexte, la réfection de la passerelle de Tchonvi s’impose comme une urgence.
L’État, garant de la sécurité des citoyens et de la continuité des services publics, a la responsabilité d’apporter une réponse rapide. Car, à Sèkandji et Tchonvi, les populations n’attendent plus de promesses. Bien au contraire, elles attendent un ouvrage solide, durable et adapté.











