Militaires décédés : le ministre Agonkan renouvelle le soutien de la République aux enfants orphelins

Le jeudi 03 septembre 2026, des kits scolaires ont été distribués à plus 1000 élèves orphelins, en l’occurrence des enfants de militaires décédés en activité ou au front lors des opérations. La cérémonie s’est déroulée à la base aérienne de Cotonou, en présence des ministres de la défense nationale Gildas Agonkan, de son homologue de…

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Le jeudi 03 septembre 2026, des kits scolaires ont été distribués à plus 1000 élèves orphelins, en l’occurrence des enfants de militaires décédés en activité ou au front lors des opérations. La cérémonie s’est déroulée à la base aérienne de Cotonou, en présence des ministres de la défense nationale Gildas Agonkan, de son homologue de la famille et des affaires sociales ainsi que de hauts gradés de l’armée béninoise.

Selon les informations, le gouvernement dans son élan de reconnaissance et de devoir envers ses enfants orphelins, est accompagné par la Jahamat Islamique Ahmadiya. Outre Cotonou, une équipe du ministère de la défense nationale est sur le terrain et ceci, dans les départements pour assurer la distribution. La cérémonie de Cotonou s’est quant à elle, déroulée sous le regard vigilant du ministre de la défense nationale, Gildas Agonkan qui, a livré un discours dont voici l’intégralité.

 

DISCOURS DE MONSIEUR LE MINISTRE DÉLÉGUÉ AUPRÈS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, CHARGÉ DE LA DÉFENSE NATIONALE

Cérémonie officielle de remise de kits scolaires aux orphelins mineurs des personnels militaires décédés en activité — 7ᵉ édition
Base Aérienne de Cotonou, jeudi 03 septembre 2026
 Madame la Ministre de la Famille et de l’Action Sociale ;
 Monsieur le Général de Corps d’armée, Chef d’Etat-Major Général des Forces Armées Béninoises ;
 Monsieur le Général de Corps d’armée, Chef d’Etat-Major de l’Armée de Terre,
 Monsieur le Général de Brigade, Directeur de Cabinet ;
 Monsieur le Colonel Major, Secrétaire Général du Ministère ;
 Monsieur le Colonel major, Inspecteur Général des Armées ;
 Messieurs les Colonels, membres du haut commandement militaire ;
 Messieurs les et madame Conseillers Techniques du Ministre ;
 Messieurs les Directeurs Centraux et Techniques du Ministère ;
 Messieurs les Directeurs des Organismes Interarmées ;
 Messieurs les Chefs Divisions des Etats-majors d’Armées respectives ;
 Monsieur le Commandant, Commandant la Base Aérienne de Cotonou ;
 Mesdames et Messieurs les cadres civils du Ministère de la Défense nationale ;
 Mesdames et Messieurs les Officiers, Sous-officiers et homologues, militaires du rang, aviateurs et hommes d’équipage ;
 Chers invités,
 Mesdames, Messieurs et Chers parents ;
 Mes très chers enfants.

Il est des cérémonies que l’on préside par obligation de fonction. Celle-ci, je la préside par devoir de cœur.
Car ce matin, sur cette base aérienne, nous ne remettons pas seulement des cartables, des cahiers et des crayons. Nous remettons une promesse. La promesse que la République n’oublie pas. La promesse que l’uniforme qui a manqué à un enfant n’a pas disparu de sa vie : il s’est simplement multiplié, et il porte aujourd’hui les visages de tous ceux qui sont ici présents.
Nous célébrons aujourd’hui la septième édition de cette opération. Sept ans de fidélité à une même exigence. Mille quarante (1 040) kits scolaires seront distribués cette année, de la maternelle à la terminale, à Cotonou comme à l’intérieur du pays, du Nord au Sud, parce qu’aucun de ces enfants ne devait être atteint par la distance. Sept éditions, ce n’est plus un geste : c’est une politique. Ce n’est plus une émotion : c’est un engagement inscrit dans le programme de travail de notre ministère, financé, planifié, évalué, et reconduit.
Mesdames et Messieurs,
Nos frères d’armes sont tombés. Certains au front, face à ceux qui voulaient prendre à notre peuple sa paix et à nos enfants leur avenir. D’autres en service, dans l’accomplissement silencieux et rigoureux de leur mission. Tous sont morts sous les couleurs du Bénin. Tous méritent que leur nom soit prononcé avec la même gravité et le même respect.
Victor Hugo écrivait : « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. » Nos disparus ont lutté. Ils vivent donc — dans la sécurité que nous respirons, dans les villages qui dorment tranquilles, et surtout dans les regards de ces enfants assis devant moi. Notre devoir n’est pas de pleurer indéfiniment nos morts ; il est de tenir la parole que nous leur devons.
Mesdames les veuves,
Je veux vous parler avec simplicité. Je sais ce que vous portez. Je sais les nuits qui n’en finissent pas, les factures qui arrivent quand même, les questions d’enfants auxquelles il faut répondre sans trembler. Vous avez été des épouses de soldats ; vous êtes devenues, du jour au lendemain, chefs de famille, mères et pères à la fois. Il y a dans ce courage-là une bravoure qui ne reçoit pas de médaille, mais que l’armée reconnaît et salue.
Vous n’êtes pas seules. Le Ministère de la Défense Nationale n’a pas vocation à vous accompagner un jour par an. L’action sociale au profit des familles de nos personnels décédés est une mission permanente, portée au plus haut niveau par le Gouvernement de Son Excellence Monsieur le Président de la République, et je m’engage devant vous à ce qu’elle soit renforcée, élargie et rendue plus régulière encore.

Chers enfants,
C’est à vous, maintenant, que je veux m’adresser, et je vous demande de bien m’écouter.
Vous avez perdu un père, une mère. C’est une blessure que personne ici ne prétendra guérir avec un sac d’écolier. Mais je veux vous dire ceci : ce que vous avez perdu ne définit pas ce que vous deviendrez. Vous êtes les enfants de femmes et d’hommes qui ont choisi le service plutôt que le confort, le devoir plutôt que la facilité. Ce sang-là est en vous. Il ne vous condamne pas à la tristesse : il vous oblige à la grandeur.
Nelson Mandela disait : « L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde. » Les kits que vous recevrez tout à l’heure sont donc, très exactement, des armes. Vos parents ont servi le Bénin avec les leurs ; servez-le à votre tour avec celles-ci. Travaillez. Lisez. Posez des questions. Refusez la médiocrité, refusez le découragement, refusez l’idée que la vie vous doit quelque chose parce qu’elle vous a beaucoup pris.
Et retenez cette vérité qu’on attribue à Aristote : « L’excellence n’est pas un acte, c’est une habitude. » On ne devient pas premier de sa classe le jour de la composition. On le devient chaque soir, à la lueur d’une lampe, quand personne ne regarde. Le courage de vos parents était fait de cette matière-là : des gestes répétés, sans témoin, jusqu’à ce qu’ils deviennent une force.
Mesdames et Messieurs,
Un proverbe de chez nous dit qu’« il faut tout un village pour élever un enfant ». Ces mille quarante enfants ont un village : il s’appelle les Forces Armées Béninoises. Il s’appelle la République du Bénin. Chefs de corps, camarades, voisins, enseignants, je vous le demande solennellement : soyez ce village. Surveillez leurs bulletins. Demandez de leurs nouvelles. Un orphelin de soldat qui décroche de l’école, c’est une seconde perte que nous n’avons pas le droit d’accepter.

Je remercie tous les acteurs notamment, le Conseiller Technique aux Affaires Sociales et l’ensemble des équipes qui ont recensé, organisé et acheminé ces kits jusqu’au dernier village. Je remercie les hommes et les femmes qui, en ce moment même, veillent à nos frontières.
Chers enfants, allez à l’école la tête haute. Le Bénin vous regarde, et le Bénin attend beaucoup de vous.
Vive les Forces Armées Béninoises !
Vive la République du Bénin !
Je vous remercie.

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