Les États-Unis et l’Iran ont repris les hostilités directes ce week-end, avec des bombardements sur l’île de Larak et des ripostes en Jordanie et aux Émirats arabes unis. Cette escalade intervient alors que les négociations pour mettre fin à un conflit ouvert depuis six mois restent bloquées.
Dimanche 30 août 2026, l’armée américaine a visé deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak, à l’entrée orientale du détroit d’Ormuz. Selon le Centcom, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, l’intervention est intervenue après l’observation de « forces des Gardiens de la Révolution » se préparant à lancer des roquettes chargées de mines marines dans le détroit.
L’île de Larak, au débouché du golfe d’Oman, est devenue un point névralgique du contrôle exercé par Téhéran sur le trafic maritime. L’agence iranienne Tasnim fait état de deux morts et deux blessés côté iranien.
En effet, il s’agit des premières frappes américaines contre l’Iran depuis le 29 juillet. Entre-temps, l’administration Donald Trump avait privilégié la pression économique. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a récemment menacé de sanctions les pays et entreprises continuant de commercer avec Téhéran, et a prévenu qu’ils risquaient d’être coupés du système financier occidental.
Lundi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a condamné fermement l’attaque américaine. Il a justifié la réponse de Téhéran par le «droit à la légitime défense ».
Dans un communiqué de l’armée diffusé à la télévision d’État, l’Iran dit avoir visé « avec des dizaines de drones d’attaque », la base d’al-Minhad aux Émirats arabes unis, où sont stationnés des hélicoptères et des troupes américaines. Le ministère des Affaires étrangères émirati a, de son côté, dénoncé une « escalade dangereuse ».
Les Gardiens de la Révolution affirment également avoir tiré des missiles balistiques et des drones contre des cibles militaires américaines en Jordanie. L’armée jordanienne a annoncé avoir intercepté et abattu huit missiles entrés dans son espace aérien, sans préciser leur origine.
Téhéran dit par ailleurs avoir abattu un drone américain MQ-9 Reaper dans le détroit d’Ormuz. Une information qui reste encore à confirmer par Washington.
Le détroit d’Ormuz, par où transitaient environ 20% des hydrocarbures mondiaux avant la guerre, est au cœur des nouvelles tensions. La marine des Gardiens de la Révolution affirme qu’un « superpétrolier voyou » a heurté deux mines navales au sud du détroit avant d’être ravagé par un incendie. Le Centcom assurait pourtant dimanche avoir « achevé le déminage des voies de navigation internationales ».
Conséquence immédiate : les cours du pétrole ont bondi. Lundi matin, le baril de Brent a gagné 2,47% à 90,28 dollars. Le WTI américain a progressé de 2,17% à 85,57 dollars.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré lundi que l’Iran ne cherche pas la guerre. « Cependant, face à toute agression, nous ne resterons jamais les bras croisés ». La diplomatie iranienne a prévenu qu’elle répondrait de manière « ferme et appropriée » à toute nouvelle attaque. Les pourparlers visant à mettre fin au conflit, engagés il y a six mois, sont pour l’heure dans l’impasse.











