Le président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a accordé la grâce présidentielle à Yann Christian Bernard Vezilier, de nationalité française. L’information a été rendue publique ce jeudi 13 août 2026 à travers un communiqué du Gouvernement de la Transition.
Le chef de l’État malien a décidé de gracier le ressortissant français condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour « atteinte à la sûreté extérieure de l’État ».
Selon le communiqué, cette mesure « ne remet pas en cause les faits établis par un jugement contradictoire rendu au cours d’un procès, lors duquel tous les droits de la défense ont été respectés ». Le gouvernement précise que la grâce est assortie de l’éloignement immédiat de l’intéressé du territoire malien.
Arrêté il y a près d’un an à Bamako, M. Vezilier était accusé de conspiration contre les institutions du pays. Il a passé environ dix mois en détention avant son procès, puis était détenu au camp 1 de la gendarmerie à Bamako.
Dans son communiqué, l’exécutif malien insiste sur le fait que M. Vezilier « a été jugé et condamné à la suite d’un procès équitable, sans aucune interférence ». Le gouvernement voit en cet acte de clémence une illustration de la volonté du Général Goïta de « promouvoir la bonne gouvernance dans le cadre de la refondation de l’État, respecter l’état de droit, la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice ».
Le communiqué salue aussi « un pays frère » dont les bons offices, exercés « avec discrétion et dans le respect scrupuleux de la souveraineté du Mali », ont contribué à l’obtention de cette grâce. Sans le nommer, les autorités font référence à la médiation qui a précédé la décision.
Le gouvernement remercie par ailleurs le président de la Transition pour « ce geste de clémence » qui, dit-il, témoigne de son « attachement à la paix et au dialogue, ainsi qu’aux valeurs ancestrales de pardon, d’hospitalité et de grandeur ».
Un contexte de rupture avec Paris
Cette grâce intervient dans un contexte de fortes tensions entre Bamako et Paris. Après deux coups d’État en 2020 et 2021, le Mali dirigé par la junte s’est détourné de la France pour se rapprocher militairement et politiquement de la Russie, dans sa lutte contre les groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique.
Le pays fait face depuis 2012 à une crise sécuritaire et économique profonde. Dans son communiqué, le gouvernement rappelle en conclusion que « la justice poursuit son rôle, dans toutes les procédures en cours et dans le strict respect des règles de l’État de droit ».











