L’audience d’extradition de l’activiste béninois Kémi Séba prévue ce mardi à Pretoria en Afrique du Sud, n’a plus finalement lieu. Au-delà de la tentative de fuite qui lui avait valu son interpellation en avril, de nouvelles accusations bien plus lourdes ont été évoquées devant le tribunal, selon des documents judiciaires révélés par Bloomberg.
D’après l’enquête de l’agence américaine publiée le 11 août, la Directorate for Priority Crime Investigation sud-africaine, les « Hawks », affirme que l’activiste franco-béninois devait « s’envoler pour l’Europe afin de commettre des attentats terroristes là-bas ainsi qu’au Royaume-Uni ». Les documents cités indiquent aussi que « la personne est entraînée par les Russes et extrêmement dangereuse ».
C’est dans ce contexte que Kémi Séba, son fils et François van der Merwe, dirigeant du mouvement nationaliste blanc Bittereinders, ont été arrêtés le 13 avril 2026 à Pretoria. Une unité de police s’était fait passer pour la société de sécurité privée censée escorter leur fuite vers le Zimbabwe via le fleuve Limpopo.
Plus de 300 000 rands, environ 18 460 dollars, ont été saisis. Les Hawks soutiennent que ces fonds proviendraient d’un financement russe destiné à « assurer l’exfiltration en toute sécurité » de l’activiste hors d’Afrique du Sud.
Le rôle de François van der Merwe est également mis en avant. Selon Bloomberg, il a participé l’an dernier à Saint-Pétersbourg à une réunion d’organisations d’extrême droite, aux côtés de représentants de l’AfD allemande. Pour les enquêteurs, cette rencontre s’inscrirait dans le même réseau suspecté d’avoir financé la tentative d’exfiltration.
Contactée par Bloomberg, l’avocate de Kémi Séba, Sinenhlanhla Mguni, rejette catégoriquement ces accusations. Elle assure que son client conteste les allégations de préparation d’attentats et les liens supposés avec la Russie. Ni l’avocat de van der Merwe ni l’ambassade de Russie à Pretoria n’ont réagi aux sollicitations de l’agence.
À ce stade, aucune charge liée à un projet d’attentat n’a été formellement retenue contre Kémi Séba par la justice sud-africaine.
Parallèlement à cette affaire, Kémi Séba fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités béninoises. Il est poursuivi pour apologie de crime, incitation à la rébellion, soutien présumé à une tentative de coup d’État et blanchiment. C’est sur la base de ce mandat que le Bénin réclame son extradition.
La procédure est actuellement pendante devant le Tribunal de Pretoria.









