Kémi Séba face à la justice sud-africaine : pourquoi le Niger garde le silence ?

Détenu en Afrique du Sud depuis plusieurs mois et visé par une demande d’extradition du Bénin, Kémi Séba ne bénéficie plus du soutien affiché autrefois par les autorités nigériennes. Cette discrétion de Niamey nourrit les spéculations sur l’évolution de ses relations avec l’activiste panafricaniste. Le soutien du Niger à Kémi Séba semble aujourd’hui beaucoup plus…

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kemi seba et tiani

Détenu en Afrique du Sud depuis plusieurs mois et visé par une demande d’extradition du Bénin, Kémi Séba ne bénéficie plus du soutien affiché autrefois par les autorités nigériennes. Cette discrétion de Niamey nourrit les spéculations sur l’évolution de ses relations avec l’activiste panafricaniste.

Le soutien du Niger à Kémi Séba semble aujourd’hui beaucoup plus discret. Alors que l’activiste panafricaniste est détenu en Afrique du Sud depuis son arrestation en avril 2026, les autorités nigériennes gardent le silence, malgré la demande d’extradition formulée par le Bénin. Pourtant, quelques mois plus tôt, Kémi Séba entretenait des relations étroites avec Niamey.

Conseiller spécial des autorités nigériennes et détenteur d’un passeport diplomatique du Niger, il apparaissait comme une figure proche du pouvoir militaire. Après son arrestation, le Niger avait d’ailleurs confirmé la validité de son passeport diplomatique. Depuis, le ton a changé. Aucune déclaration officielle forte n’a été faite pour réclamer sa libération ou s’opposer publiquement à son éventuelle extradition vers le Bénin.

Cette retenue contraste avec les positions autrefois affichées par les autorités nigériennes et suscite de nombreuses interrogations sur l’avenir de leurs relations. À ce stade, rien n’indique officiellement que Niamey ait retiré son soutien à Kémi Séba. En avril dernier, un prétendu communiqué annonçant son éviction et le retrait de son passeport diplomatique avait d’ailleurs été identifié comme un faux.

En attendant la suite de la procédure judiciaire en Afrique du Sud, l’absence de réaction des autorités nigériennes continue d’alimenter les spéculations. Pour plusieurs observateurs, la prudence de Niamey pourrait traduire une volonté de privilégier les impératifs diplomatiques plutôt que l’engagement politique affiché auparavant envers le militant panafricaniste.

Aussi, il faut dire que le réchauffement des relations diplomatiques entre le Bénin et le Niger, longtemps restés tendues, complique la donne.  Le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine s’est rendu au Bénin le 24 mai pour l’investiture du nouveau président Romuald Wadagni, avant que ce dernier n’effectue à son tour une tournée dans les pays de l’Alliance des États du Sahel. Un rapprochement qui offre peu d’intérêt à Niamey pour transformer le dossier  Kémi Séba en épreuve de force diplomatique, d’autant que l’accès du Niger aux ports béninois reste un enjeu économique majeur pour ce pays enclavé.

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