Sénégal : nouvelles menaces de Sonko à l’endroit de Diomaye, la réplique du gouvernement

La rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko est définitivement consommée. Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise a durci le ton contre son ancien allié, accusant le chef de l’État de s’éloigner du projet politique porté par le Pastef. Fort de la majorité parlementaire de son parti, il affirme être prêt à utiliser les…

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Sénégal : nouvelles menaces de Sonko à l'endroit de Diomaye, la réplique du gouvernement

La rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko est définitivement consommée. Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise a durci le ton contre son ancien allié, accusant le chef de l’État de s’éloigner du projet politique porté par le Pastef. Fort de la majorité parlementaire de son parti, il affirme être prêt à utiliser les motions de censure pour faire tomber le gouvernement « autant de fois qu’il sera nécessaire ».

Lors d’un rassemblement organisé dimanche 12 juillet 2026 à Touba, à l’occasion de l’inauguration du siège du Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité), Ousmane Sonko a vivement critiqué l’exécutif sénégalais.

Celui qui a occupé le poste de Premier ministre avant d’accéder à la présidence de l’Assemblée nationale estime que le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye ne respecte plus les engagements pris devant les Sénégalais.

« Il faut que les Sénégalais sachent qu’ils ne sont nullement la préoccupation de Bassirou Diomaye Faye », a déclaré Ousmane Sonko devant ses partisans avant de s’en prendre ouvertement à la gestion de plusieurs dossiers économiques et politiques.

Désormais à la tête d’une institution qui dispose d’un poids politique considérable, Ousmane Sonko entend utiliser les leviers parlementaires à son actif pour peser dans les décisions de l’exécutif.

Le président de l’Assemblée nationale a notamment évoqué la possibilité de faire tomber le gouvernement par des motions de censure, assurant qu’il pourrait renouveler cette démarche « autant de fois qu’il sera nécessaire ».

Cette déclaration confirme le changement de posture de l’ancien chef du gouvernement. En effet, après avoir rassuré qu’il ne chercherait pas à entraver l’action de l’exécutif, Ousmane Sonko a bien l’intention de faire le contraire de l’engagement pris il y a quelques semaines.

Au cœur de cette confrontation figurent notamment des divergences sur la gestion des ressources naturelles et des contrats conclus avec des entreprises étrangères.

Ousmane Sonko accuse le chef de l’État et le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô de revenir sur certaines orientations engagées lors de son passage à la Primature, notamment concernant la renégociation de contrats liés aux ressources naturelles, dont le phosphate.

Le président de l’Assemblée nationale critique également la situation économique du pays, évoquant la dette publique, l’absence d’accord avec le Fonds monétaire international (FMI) et les difficultés rencontrées dans plusieurs secteurs. « Nous avons des leviers pour lui faire face », a-t-il insisté.

Le gouvernement répond aux accusations

Face aux attaques de l’ancien Premier ministre, l’actuel chef du gouvernement n’a pas tardé à réagir.

Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a dénoncé une volonté de s’approprier le discours patriotique. « Chercher à faire du patriotisme le monopole d’un seul camp revient, précisément, à le trahir », a-t-il écrit sur ses réseaux sociaux.

Cette réponse confirme la séparation de deux amis d’hier, autrefois réunis autour d’un même projet de changement porté par le Pastef.

Cette situation intervient quelques jours après l’invalidation, le 9 juillet, par le Conseil constitutionnel sénégalais, d’une réforme constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale visant à modifier l’équilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le Parlement.

Depuis plusieurs mois, les relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko se sont progressivement détériorées. Après son départ de la primature le 22 mai, Ousmane Sonko a retrouvé son élocution après son élection en qualité de président de l’Assemblée nationale le 26 mai, grâce à la majorité de son parti, Pastef au Parlement.

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