Un lieutenant Colonel de l’Armée béninoise a été jugé ce lundi 06 juillet 2026 à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Il est poursuivi pour « apologie du crime contre la sûreté de l’État ».
Pour son implication présumée dans l’affaire du coup d’État déjoué contre le régime démocratique de l’ex-président Patrice Talon, un haut gradé de l’armée a été écouté ce lundi à la Criet. Il lui est reproché d’avoir publié un message dans un forum WhatsApp en soutien aux mutins du 07 décembre 2025.
« Félicitations Mr le Président », aurait-il écrit dans un groupe WhatsApp qu’il partageait avec Pascal Tigri, meneur de la tentative de putsch, actuellement recherché par la justice Béninoise. Ce message est interprété par les autorités judiciaires comme un soutien aux soldats mutins.
À la barre ce lundi, le prévenu a plaidé non coupable. Il a rejeté l’accusation d’apologie du crime contre la sûreté de l’État retenue à sa charge. Face au magistrat, le lieutenant Colonel a réaffirmé son soutien à l’ex-Chef d’État Patrice Talon.
Selon lui, le message de félicitations publié sur les canaux digitaux dans la foulée du coup d’État visait à mater Pascal Tigri, son promotionnaire avec qui, il n’aurait pas de bonnes relations.
« Mon message n’était pas pour valoriser l’action de Pascal Tigri. J’avais peur pour ma vie », a-t-il déclaré.
En effet, après son arrestation, les enquêteurs auraient découvert dans son téléphone portable, des messages montrant qu’il était pourtant en contact avec Pascal Tigri. Dans leur discussion, ce dernier lui aurait demandé du renfort militaire.
Interrogé par rapport à cette découverte, le lieutenant Colonel a qualifié cette demande de diversion. Le prévenu a indiqué qu’il n’était pas informé des préparatifs du coup d’État. Si tel était le cas, il n’hésiterait à alerter sa hiérarchie pour que le coup soit déjoué par anticipation.
Par ailleurs, l’officier a déclaré qu’il avait réalisé des missions qui lui ont valu des félicitations de la part de ses supérieurs hiérarchiques et même de l’ancien chef de l’État, Patrice Talon.
Sur la question de savoir s’il ne nourrissait par l’ambition de mener un coup d’État. Le prévenu répond par la négative, affirmant que si cela était un de ses objectifs, il l’aurait facilement réalisé. Étant donné qu’il a dirigé une troupe de 3 000 hommes dont des commandos, lors d’une opération dans le fuseau-nord.
La Cour a renvoyé le dossier au 20 juillet 2026 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des avocats, selon Banouto.









