Les autorités sénégalaises ont intensifié leur lutte contre les établissements alimentaires ne respectant pas les normes sanitaires. À Dakar, 29 boulangeries traditionnelles qui produisent le célèbre pain « tapalapa » ont été fermées après une campagne de contrôle.
La brigade régionale de l’hygiène de Dakar a annoncé, vendredi 26 juin 2026, la fermeture de 29 boulangeries traditionnelles à l’issue d’une opération de contrôle menée durant les six derniers mois. Les établissements concernés produisaient notamment le « tapalapa », un pain artisanal très apprécié au Sénégal pour son prix abordable et sa cuisson au feu de bois.
Cette opération fait suite à de nombreuses alertes lancées par des citoyens sur les réseaux sociaux, dénonçant des conditions de fabrication jugées préoccupantes. Les inspections ont confirmé plusieurs manquements aux règles d’hygiène, notamment une mauvaise ventilation des locaux, une gestion défaillante des eaux usées ainsi que la présence de cafards et de rongeurs dans plusieurs sites de production.
Selon les autorités sanitaires, ces boulangeries fonctionnaient en dehors du cadre légal. Bien que leur activité soit interdite par la réglementation en vigueur dans la capitale sénégalaise, elles continuaient jusqu’à présent d’exercer dans une certaine tolérance en raison de leur importance économique et sociale.
Le capitaine Idrissa Ndiaye, chef de la brigade régionale de l’hygiène de Dakar, rappelle que ces établissements commercialisent des baguettes à 100 francs CFA, accessibles aux populations les plus modestes. Il souligne également que le « tapalapa » occupe une place importante dans les habitudes alimentaires des Sénégalais. Toutefois, il estime que les graves insuffisances constatées en matière d’hygiène imposent une intervention des pouvoirs publics afin de préserver la santé des consommateurs.
La Fédération nationale des boulangers salue la campagne
Du côté des professionnels du secteur, cette opération est saluée. Le président de la Fédération nationale des boulangers du Sénégal, Amadou Gaye, appelle à une application rigoureuse de la loi. Selon lui, il est inacceptable que des structures illégales aient pu poursuivre leurs activités aussi longtemps. Il se dit préoccupé par les méthodes de fabrication observées dans certains ateliers, évoquant notamment des pains insuffisamment cuits et des pratiques de pétrissage susceptibles de favoriser la propagation de maladies.
Les autorités sénégalaises annoncent la poursuite des contrôles sur l’ensemble du territoire afin de garantir le respect des normes sanitaires dans les établissements de production alimentaire. Elles assurent également être disposées à accompagner les exploitants souhaitant régulariser leur activité en les aidant à se conformer aux exigences du Code de l’hygiène.












