La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économique et terrorisme (Criet) a confirmé ce lundi 8 juin 2026 les peines de dix et vingt ans de prison ferme pour l’ex-député Désiré Vodonou et l’homme d’affaires Wilfried Ayatodé. C’est dans le cadre de l’affaire de fraude monétique par cartes bancaires.
Le verdict en appel dans l’affaire de fraude monétique par cartes bancaires est tombé à la Criet. Lundi 8 juin 2026, la Chambre des appels de la juridiction spéciale a annulé le jugement contradictoire n° 0037/REFP/2023/CRIET du 20 juillet 2023 rendu par la deuxième section correctionnelle de la chambre de jugement pour violation de la loi, avant de statuer à nouveau sur le fond du dossier de fraude à la carte bancaire. Cette décision fait suite à l’appel formellement introduit par certains prévenus et le parquet spécial près la CRIET.
A l’arrivée, la chambre des appels a requalifié les faits d’escroquerie par le biais d’un système informatique ou d’un réseau de communication électronique et de blanchiment de capitaux retenus contre le nommé Wilfried Ayatodé en recel de données informatiques, vol et blanchiment de capitaux. Le mis en cause est condamné à vingt ans d’emprisonnement ferme et à 314 millions de francs CFA d’amende ferme.
En ce qui concerne l’ex-député Désiré Vodonou et l’informaticien Sénégalais Sérigne Abdoul Aziz Sy, les faits ont été requalifiés en recel portant sur des données informatiques, vol et blanchiment de capitaux. Tous deux sont déclarés coupables et condamnés chacun à dix ans d’emprisonnement ferme et à 314 millions de francs CFA d’amende ferme.
Un quatrième prévenu identifié sous les initiales S.K. a vu ses charges requalifiées en complicité de vol et écope de cinq ans d’emprisonnement dont deux ans fermes, et à un million de francs CFA d’amende ferme. A contrario, trois prévenus impliqués dans le même dossier ont été purement et simplement relaxés. Il s’agit de Yaois Onishango, Meïssa Selim Issiakou et Offin Samson Odou. Le prévenu Fanou Cocou David Roger a quant à lui été relaxé au bénéfice du doute.
Immeubles, parcelles, et comptes bancaires confisqués
Au-delà des peines de prison et amendes prononcées, la justice a également ordonné la confiscation de biens immobiliers appartenant à l’ex-parlementaire. Selon Libre express qui rapporte l’information, les saisies portent sur : un immeuble à Cotonou Fifadji, un immeuble à Cotonou Yiffadji, un immeuble à Godomey Hlouacomey, des immeubles à Godomey Salamey aux lots 44 parcelles c et b, un immeuble de type R plus trois situé en face de l’église protestante de Godomey, quatre maisons à Tori-Agbe, une maison à Womey sur un carré sans bornes, un immeuble à Womey, un immeuble à Cana au bord de la RNIE, ainsi que les parcelles immatriculées en son nom situées à Zogbodomey, Avlamè et en face de l’EPP Magnonmè.
Dans la même veine, Wilfried Ayatodé a vu ses comptes bancaires, ouverts dans les livres des banques BOA, Orabank, BIIC et UBA, confisqués. Son également saisis, ses véhicules de marque Kia Toyota et de marque Nissan Rogue ainsi qu’une parcelle non bâtie située à Abomey-Calavi.
Dans cette affaire, la société Orabank Bénin SA s’est constituée partie civile et exige la condamnation de Wilfried Ayatodé, Désiré Vodonou et Sérigne Abdoul Aziz Sy à lui payer la somme de 628 539 600 francs CFA à titre de dommages-intérêts pour toutes causes de préjudices confondus. Les parties disposent d’un délai de pourvoi en cassation de trois jours.
A noter que ce n’est pas pour la première fois que l’ex-député Désiré Vodonou a des ennuis judiciaires avec la justice béninoise. En 2022, il avait été déjà jugé dans une affaire dite de « casse d’une banque au Bénin ». Initialement condamné à 14 ans de prison, la chambre des appels de la CRIET va finalement réduire sa peine à 7 ans de prison le lundi 17 novembre 2025.















