Bénin : timide rentrée au CEG Bopa ce lundi lors du passage du reporter de l’Investigateur, voici la raison

Après plusieurs mois de repos, enseignants et apprenants reprennent le chemin des classes ce lundi 15 septembre 2025. Selon le calendrier scolaire de l’année 2025-2026,..

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Après plusieurs mois de repos, enseignants et apprenants reprennent le chemin des classes ce lundi 15 septembre 2025. Selon le calendrier scolaire de l’année 2025-2026, les enseignants doivent officiellement commencer à dispenser les cours ce jour. Mais quel est le constat au Collège d’Enseignement Général de Bopa, un établissement public situé dans le département du Mono ? Éléments de réponse.

Il sonnait exactement 7 heures 03 minutes. Les portes du Collège d’enseignement général de Bopa sont grandes ouvertes mais, ici, ce n’est pas l’affluence des jours de rentrée de classe. Si l’administration, elle, est bien en place, ce n’est pas le cas des apprenants. Du moins, seuls quelques-uns étaient présents, à cette heure de la journée, dans l’enceinte de la Cour de l’école. Certains en uniforme kaki et d’autres en tenue civile. Hounouvè Délali est élève en classe de 5è. Vêtue de sa tenue kaki, elle s’est présentée tôt ce matin pour retirer son bulletin de note afin de, dit-elle, connaitre sa salle de classe. Mais le censeur n’étant pas encore là, elle se voit obliger de l’attendre, patiemment, assise au niveau de la cantine scolaire, où apparaissent visiblement quelques glacières appartenant aux bonnes dames. Comme Délali, plusieurs autres apprenants se trouvent dans le même cas. « Je passe en classe de 5è mais je ne connais pas encore ma salle », confie Mario Houndjamè, qui dit être pourtant présent durant la période de pré-rentrée. Contrairement à lui, Edwige Gouto n’a pas du tout mis pied à l’école pendant la semaine du 8 septembre. D’ailleurs, « je suis revenue des vacances tôt ce matin », a avoué l’élève en classe de 3è. « Moi j’étais là, à la semaine de pré-rentrée, mais les emplois du temps n’étaient pas au tableau. C’est toujours comme ça depuis au CEG Bopa. A la rentrée, quand on vient, on ne trouve pas les professeurs, même les emplois du temps », a déclaré Mathilde Nago en classe de terminale D et habillée en tenue civile. A cette allure, tranche Cocouvi Asyncrite, «c’est la semaine prochaine que la rentrée va réellement démarrer. Ailleurs, elle commence réellement aujourd’hui. Il faut que l’administration revoie son fonctionnement », déplore l’élève en classe de terminale C. « La rentrée est effective, mais on se demande si on va vraiment travailler aujourd’hui   Kpanou Justin enseigne le français au CEG Bopa. Il sonnait environ 7h 45 minutes quand le « disciple de Molière » a effectué son entrée ce lundi matin en 1ere D. Après avoir écrit au tableau l’emploi du temps de l’année, il s’éclipse de la salle, se demandant s’il va vraiment dispenser ses cours aujourd’hui. « Moi j’ai cours depuis 7h, en troisième, une classe d’examen mais dans la classe, il n’y a que deux élèves. Je suis allé dans ma terminale tout à l’heure, où j’ai cours à 10 heures, il n’y avait qu’un seul candidat. En première D, pour leur laisser un support, je n’ai vu personne. Donc le constat est amer », a-t-il déploré affirmant que « la rentrée est effective. Mais on se demande si on va vraiment travailler aujourd’hui ». Interrogé sur le motif de l’absence des enseignants dans les salles de classes, le Directeur du CEG Bopa, Lawissa Mathieu, a soulevé la question du « redéploiement tardif » des AME, Aspirants au Métier d’Enseignant. « C’est le vendredi complètement dans l’après-midi qu’ils ont été déployés. Donc, c’est ce matin qu’ils vont prendre leur emploi du temps pour pouvoir rencontrer les enfants pour la prise de contact. Les permanents, eux, ont déjà reçu leur emploi. Je pense que si le redéploiement était fait un peu plus tôt, on n’allait pas assister à cette situation», a-t-il expliqué. Toutefois, Lawissa Mathieu confirme l’effectivité de la rentrée au niveau de son établissement mais dénonce un manque de motivation ou d’engouement du côté des apprenants. « Dans les autres collèges, le premier jour comme ça, on a de l’affluence. Mais ce n’est pas encore le cas ici au CEG Bopa. Je vais profiter de votre antenne pour solliciter les parents pour que ces enfants qui sont encore à la maison, ils puissent les convoyer vers nous pour qu’ils puissent démarrer, parce que sans les enfants, nous on ne peut rien », a-t-il déclaré.

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