Les échéances électorales s’approchent à grand pas. Pendant que les états-majors des partis politiques et des différents camps jouent à la carte de la séduction pour bénéficier d’un large électorat, un contraste très visible se dessine sur l’échiquier politique national. D’un côté, une mouvance présidentielle soudée, maîtrisant son agenda et sa communication et de l’autre, une opposition fragmentée, parfois secouée par des querelles internes, des guerres d’intérêt ou des divergences d’opinion estime Le Patriote.
L’opposition béninoise réussira-t-elle à surmonter pour une fois ses clivages pour construire une alternative crédible ? C’est la question suscitée par l’attitude du camp de l’opposition plurielle et qui peine à parler d’une seule voix. Alors que le pays se projette vers les prochaines électorales générales en particulier la présidentielle de 2026, la scène politique béninoise est actuellement par une dynamique irrégulière. Alors que la mouvance présidentielle progresse dans la consolidation de son pouvoir, l’opposition peine à s’imposer comme une force cohérente et structurée. En effet, le camp de la majorité présidentielle huilée sous la maestria de Patrice Talon, évolue avec stratégie, méthode et discipline. Les discours sont coordonnés, les stratégies électorales claires, et les alliances internes bien gérées. Malgré les différentes frustrations enregistrées par certains membres, les deux principaux partis de la majorité dont l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR) travaillent de manière concertée, s’appuyant sur une stratégie politique claire et sur des structures décentralisées efficaces. Cette harmonie leur permet de peser fortement sur l’agenda politique national. Depuis 2018 avec l’institutionnalisation de la réforme du système partisan, les partis politiques soutenant les actions du président de la République ont fait de grosses moissons à l’issue de toutes les élections au détriment d’une opposition parfois brisée. De façon asymétrique, les partis de l’opposition, en quête d’unité, s’engouffrent dans des divisions idéologiques, personnelles et parfois même régionales poussées dans la plupart des cas par des intérêts personnels égoïstes. À plusieurs reprises, des initiatives de rassemblement de l’opposition et des coalitions ont été mises sur pied, mais elles se sont souvent soldées par des éclatements précoces, car chaque leader exige ses priorités stratégiques, ce qui rend difficile toute concession. Malgré toutes ses tentatives et sa foi en Dieu qu’il brandit partout où le besoin se fait sentir, l’ancien président de la République, Boni Yayi n’a pas réussi à réunir la classe de l’opposition. Les qualités managériales du numéro 1 de la formation politique Les Démocrates ont essuyé un échec cuisant en tentant de rassembler Paul Hounkpè de la Fcbe, Apollinaire Avognon de la Nfn, Antoine Guédou de la Gsr, Daniel Edah du mouvement « Nous le ferons » et Expérience Tébè du Mpl autour des idéaux communs. A titre illustratif, le dernier de la liste a claqué la porte du cadre de concertation de l’opposition il y a seulement quelques jours. A l’en croire, cette décision est motivée par le fait que « la cohésion et le consensus prônés pour faire face aux échéances électorales de 2026 ne sont que de vains mots ». Le résultat devient une cacophonie politique dans laquelle le citoyen peine à identifier une alternative contraire au pouvoir de Patrice Talon. Pour de nombreux observateurs, cette désunion de l’opposition dont la crédibilité et l’efficacité sont menacées, est une aubaine pour le pouvoir étant donné que une opposition divisée diminue mécaniquement ses chances de gagner dans un système électoral assez verrouillé où l’unité est souvent la clé du succès. Par ailleurs, cela permet à la mouvance présidentielle d’occuper seule le terrain du débat national, de façonner le récit politique, et de marginaliser ses adversaires. Et pourtant, dans un contexte où les enjeux sociaux, économiques et démocratiques sont majeurs, la population attend des forces politiques notamment celles de l’opposition une capacité à proposer des alternatives viables et structurées tout en restant unies. A défaut, la nomenclature politique risque de perdurer, avec toutes les conséquences que cela suppose pour l’équilibre démocratique du Bénin. Mohamed YèkiniElections générales de 2026 : la mouvance se consolide alors que l’opposition s’effrite
Les échéances électorales s’approchent à grand pas. Pendant que les états-majors des partis politiques et des différents camps jouent à la carte de la séduction..
Tags: EXPOSITION
Article précédent
Article suivant
Dernières publications

Rechercher dans les archives
Accès au fil des années au journalisme d’investigation et aux derniers reportages
Vous avez peut-être manqué













