Loi sur la chefferie traditionnelle : Mécontent du découpage, le Président de la CNPG-Bénin, sa majesté Sossa, saisit le Chef de l’Etat
Le vote de la loi portant cadre juridique de la chefferie traditionnelle, le jeudi 13 mars 2025, au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, continue de susciter de vives réactions au sein des communautés au Bénin, des Cadres, Historiens, Chercheurs et Responsables des valeurs endogènes. La dernière en date est celle de la communauté Nationale du…
Le vote de la loi portant cadre juridique de la chefferie traditionnelle, le jeudi 13 mars 2025, au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, continue de susciter de vives réactions au sein des communautés au Bénin, des Cadres, Historiens, Chercheurs et Responsables des valeurs endogènes. La dernière en date est celle de la communauté Nationale du Peuple “Guin” (Mina) du Bénin, à travers son président, Sa Majesté Sossa.
En dehors de certains rois reçus en audience par le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavounou, et qui ont plaidé pour la relecture de la loi sur la chefferie traditionnelle, le Président de la communauté nationale du Peuple Guin du Bénin (CNPG-Bénin), Sossa clément, Roi du Peuple Guin du Bénin, a officiellement saisi la première autorité du parlement. Et, selon nos sources, il ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Car, il a par ailleurs, saisi le premier magistrat de la République, le Président Patrice Talon.
En effet, le Président de la CNPG-Bénin, a réagi à l’adoption de la loi sur la chefferie traditionnelle par les députés au parlement. A en croire sa correspondance, datée de la semaine dernière, en direction du Président de la République, et une autre adressée par ricochet, au président de l’Assemblée nationale, le découpage sur la chefferie traditionnelle tel qu’il est fait, défavorise la ville historique d’Agoué. Par conséquent, il ne reflète pas l’histoire.
La ville d’Agoué, Premier royaume reconnu en 1810 par les colons, dotée des 41 divinités du panthéon du Peuple Guin, retrace toute l’histoire du Danhomey devenu Bénin. Selon le traité du 10 juin 1885, que détient Agoué, signé après le retour des français de Berlin, « les palabres ont commencé dans le palais du fondateur et 1er roi d’Agoué et la signature du traité s’est déroulée à Grand-Popo » a-t-il souligné dans ses lettres aux autorités.
En effet, cette ville, devenue une référence en termes de royauté au Bénin dont la « prise de pierre sacrée», est à sa 362ème édition en 2025, reste un label touristique.
« Agoué a fait aussi la guerre de conservation territoriale en 1870 et nous détenons à ce jour, les canons abandonnés par les colons à Follykomey », rappelle-t-il.
Le Pdt de la CNPG-Bénin en bleu au milieu de ses pairs lors de la rencontre en 2019 avec le Chef de l’Etat à la Marina
Il est vrai que le Président de la CNPG-Bénin, Sa Majesté Sossa a remis en cause, comme certains chercheurs et historiens, le travail du comité qui a précédé le découpage de la chefferie traditionnelle au Bénin, mais il décerne un satisfecit au Président de la République Patrice Talon. « Les remerciements au chef de l’Etat, son excellence Patrice Talon pour avoir tenu parole en concédant à la Chefferie traditionnelle, son caractère sacré après les deux rencontres avec le Haut Conseil des Rois du Bénin (HCRB), en 2019 avant la reconnaissance de la chefferie traditionnelle par l’article 151-1. », a-t-il écrit.
Il sied de préciser, selon nos informations, que le président de la CNPG-Bénin, Sa Majesté Sossa, a pris une part active, aux deux rencontres, tenues au palais de la Marina, en sa qualité de membre très actif du Haut Conseil des Rois du Bénin (HCR), avec le Chef de l’Etat.
Pourquoi une remise en cause du travail du Comité !
« Ceux qui sont allés sur le terrain n’ont pas ressorti la vraie réalité et c’est à juste titre que des voix et pas des moindres se sont levées pour remettre en cause, leur travail », suggère le Président de la CNPG-Bénin aux autorités. Avant de souhaiter au législateur, de « revoir la loi et donner à l’histoire, son vrai sens ».
Sa Majesté Sossa
En d’autres termes, le Président de la CNPG-Bénin rejoint à travers sa proposition, le Président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou qui a convaincu certains de ses collèges députés, eux aussi non contents du travail de découpage sur la chefferie traditionnelle.
« La loi que nous venons d’adopter est perfectible. Il n’est pas donc question de se braquer les uns contre les autres dans la mesure où nous-mêmes, nous savons que plusieurs lois adoptées même en 2024, sont revenues pour être amendées », avait annoncé le président Vlavonou après l’adoption.
Pour sa part, le député Nassirou Arifari Bako de la mouvance a ouvertement exprimés ses réticences. « Cette loi comporte beaucoup d’imperfections et je considère qu’elle sera soumise à plusieurs relecture », a déclaré l’ancien ministre des affaires étrangères qui de facto, conforte le Président de la CNPG-Bénin dans sa position. Car, il pense à raison qu’une relecture avant la promulgation du Chef de l’Etat est capitale.
« Tout a commencé par Agoué qui est la cité du peuple « Guin » du Bénin et le village des Guins surnommé premier village du Dahomey ». En plus, « Agoué a abrité entre autres la première douane du Dahomey, le premier warf du Bénin, la première place de non-retour », a écrit sa majesté Sossa dans sa lettre que l’Investigateur a consultée. « Le commerce triangulaire, les cases des esclaves, c’est par Agoué que les missionnaires ont découvert le Dahomey, le Bénin d’aujourd’hui et qui est le détenteur des 41 divinités du panthéon Guin », détaille Sa Majesté Sossa. « Dans le Grand Mono, Agoué n’est pas un petit royaume », se désole le gardien de la tradition. « Aujourd’hui, le Grand Mono n’a eu aucun royaume. Que c’est une négligence quand on parle du vodun. Les divinités Mami, Dan, Kpessou etc ; leur siège se trouve à Agoué. Minimiser Agoué jusqu’à ce point, ce n’est pas très bien pour les Guins qui dans leur majorité, soutiennent le gouvernement”, va-t-il rappeler.
Le professeur Léon Bani Bio Bigou, spécialiste des traditions et coutumes a dénoncé, lors de l’émission de « 90 minutes pour convaincre » de Radio Bénin, le dimanche 16 mars 2025, le texte qui, selon ses dires, ne respecte pas l’histoire et les valeurs ancestrales et traditionnelles du Bénin.
En définitive, le Président de la Communauté Nationale du Peuple Guin du Bénin, sa Majesté Sossa demande humblement aux hautes autorités de bien vouloir donner à Agoué, sa réelle place dans la chefferie traditionnelle. Car, dans tout le grand Mono, Agoué a été depuis la nuit des temps, le plus grand royaume qui avait existé. Cela a été révélé et relayé par l’écrivain Jean Pliya dans son livre intitulé « Histoire de mon pays ».