Gracié le 2 août dernier, Latifou Zibo détenu condamné par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), a partagé ses expériences après son séjour carcéral. Il a profité d’une sortie médiatique pour lancer un appel au Président Patrice Talon.
Après la publication du décret portant grâce présidentielle, le vice-coordonnateur de la première circonscription électorale du parti Les Démocrates, Latif Zibo a été libéré le samedi 3 août. En effet, après 1213 jours derrière les barreaux, il a recouvré sa liberté mais il conçoit mal le maintien en détention des autres détenus dont le professeur Frédéric Joël Aïvo, et l’ancienne ministre Reckya Madougou. Latifou Zibo est également revenu sur les circonstances de son arrestation. « J’ai été arrêté vers Arconville, au domicile de mon beau-frère, le juge Batamoussi, aux environs de 6 heures du matin. Des agents de police, armée jusqu’aux dents, m’ont interpellé. Ils m’ont conduit à la Brigade économique et financière, et là, on m’a dit que j’appartiens à un groupe terroriste. Ensuite, j’ai été présenté au Procureur spécial, et j’ai été déposé en avril 2021. » Il poursuit : « J’ai été arrêté le 5 avril 2021, jusqu’à la date de notre procès, où on fait une requalification des faits, et on m’a dit que je ne suis plus un terroriste, mais c’est complicité d’atteinte à l’intégrité du territoire national. » Malgré sa libération, Latifou Zibo continue de rejeter catégoriquement ces accusations. « Je l’ai dit devant mes conseillers, devant les juges, devant le public. Je n’ai jamais été un homme de violence. Je ne me reconnais pas, et je ne me reconnaîtrai jamais dedans », a-t-il déclaré au micro de bip radio. Lire aussi: [Batamoussi :le beau-frère de l’ex-juge démissionnaire de la Criet gracié )>https://www.linvestigateur.info/?Batamoussi-le-beau-frere-de-l-ex-juge-demissionnaire-de-la-Criet-gracie&var_mode=calcul] Sur les conditions de détention, il a déclaré : «Nos conditions de détention n’ont pas été du tout faciles. Je ne voudrais pas entrer dans les détails parce que je vais toucher des sensibilités ». Latifou Zibo entend désormais prendre du recul avant de reprendre ses activités politiques. « Je viens juste d’être libéré. C’est vrai que quand on entre en politique, c’est difficile d’en sortir. Mais pour l’instant, je suis en train de prendre du temps avec ma famille, avec mes proches, mes amis, et après on verra. », souhaite-t-il. Avant de conclure, il a exprimé son souhait de se concentrer sur les projets qu’il avait initiés avant son arrestation, ainsi que sur ceux qu’il a conçus pendant sa détention. Enfin, Latifou Zibo a lancé un appel au Président Patrice Talon, l’exhortant à examiner la situation des autres détenus. « Le président Patrice Talon, je pense qu’il a commencé, il doit terminer. Je lui demande humblement. Joël Aïvo, Madougou, et tous les autres qui sont encore là, n’ont pas leur place là-bas. Leur place est dehors, ensemble avec nous. Pour que nous puissions tous construire cette nation. Je demande au président de bien vouloir, avant même la fin de cette année, les faire sortir », a-t-il conclu.











