Candide Azannaï, président du parti Restaurer l’espoir, s’est exprimé sur le projet du Pipeline Bénin-Niger, objet de tension supplémentaire entre les deux pays après le refus des autorités nigériennes d’ouvrir leur frontière.
Alors que le gouvernement béninois venait de donner les autorisations nécessaires à la société chinoise WAPCO pour les opérations liées au chargement de ses bateaux à Sèmè-Podji, l’interpellation de cinq ressortissants nigériens sur le site de la station terminale de WAPCO ce mercredi 5 juin 2024 pourrait provoquer l’arrêt de l’exportation du pétrole nigérien via le Bénin. En effet, Niamey a menacé ce jeudi de ne plus envoyer de pétrole dans le pipeline si ces ressortissants interpellés ne sont pas libérés à une heure donnée. Dans ce contexte, Candide Azannaï a fait une publication sur sa page Facebook ce vendredi pour donner un conseil stratégique au gouvernement de Patrice Talon. « Le Bénin doit jouer sa crédibilité et il faut que les autorités béninoises actuelles jouent franc-jeu en agissant loyalement et en respectant toutes les règles et clauses du contrat qui les lie dans cette affaire de pipeline », a-t-il écrit. L’ancien ministre a également invité les autorités à s’inspirer de « Montesquieu sur la Chine : Explication d’un paradoxe sur les Chinois » pour éviter les pièges potentiels dans cette collaboration. Le projet de pipeline, crucial pour l’économie des deux pays, vise à transporter le pétrole nigérien vers la Chine via les côtes béninoises. Il détaille : « Ce qu’il y a de singulier, c’est que les Chinois, dont la vie est entièrement dirigée par les rites, sont néanmoins le peuple le plus fourbe de la terre. Cela parait surtout dans le commerce, qui n’a jamais pu leur inspirer la bonne foi qui lui est naturelle. Celui qui achète doit porter sa propre balance ; chaque marchand en ayant trois, une forte pour acheter, une légère pour vendre, et une juste pour ceux qui sont sur leurs gardes. Je crois pouvoir expliquer cette contradiction. Les législateurs de la Chine ont eu deux objets : ils ont voulu que le peuple fût soumis et tranquille, et qu’il fût laborieux et industrieux. Par la nature du climat et du terrain, il a une vie précaire ; on n’y est assuré de sa vie qu’à force d’industrie et de travail. Quand tout le monde obéit et que tout le monde travaille, l’État est dans une heureuse situation. C’est la nécessité, et peut-être la nature du climat, qui ont donné à tous les Chinois une avidité inconcevable pour le gain ; et les lois n’ont pas songé à l’arrêter. Tout a été défendu, quand il a été question d’acquérir par violence ; tout a été permis, quand il s’est agi d’obtenir par artifice ou par industrie. Ne comparons donc pas la morale des Chinois avec celle de l’Europe. Chacun, à la Chine, a dû être attentif à ce qui lui était utile ; si le fripon a veillé à ses intérêts, celui qui est dupe devait penser aux siens. À Lacédémone, il était permis de voler ; à la Chine, il est permis de tromper. », tiré de l’Esprit des Lois, Chapitre XX, Livre dix-neuvième, 1748. Pour rappel ; les personnes interpellées sont la Directrice Générale adjointe de WAPCO, Mme Moumouni Ibra Hadiza, Représentante de l’Etat nigérien, et quatre experts nigériens. Ils étaient à Cotonou pour superviser le chargement d’un pétrolier, selon Niamey.











