Bénin : voici pourquoi la Criet veut désormais humaniser la justice pénale

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) fait sa rentrée. La juridiction spéciale a ouvert son année judiciaire 2026-2027 ce lundi 12 octobre 2026 à 10 heures à Cotonou. Pour cette nouvelle année, la Criet a choisi un thème qui tranche avec son image de fermeté : « Humaniser la justice…

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Mario Metonou, procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet)

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) fait sa rentrée. La juridiction spéciale a ouvert son année judiciaire 2026-2027 ce lundi 12 octobre 2026 à 10 heures à Cotonou.

Pour cette nouvelle année, la Criet a choisi un thème qui tranche avec son image de fermeté : « Humaniser la justice pénale : entre protection des droits fondamentaux et efficacité répressive ». L’annonce a été faite à travers un communiqué de presse du procureur spécial.

A travers ce thème, la Criet entend rappeler qu’une justice digne doit être à la fois rigoureuse et fidèle aux principes de l’État de droit. Il s’agit donc de réfléchir à une justice ferme dans l’application de la loi, mais qui protège aussi les droits de tous les justiciables.

Créée en 2018 sous le régime du président Patrice Talon, la Criet a été pensée comme une réponse aux défis de la criminalité économique et du terrorisme. Sa mission est d’offrir une juridiction spécialisée et efficace pour traiter ces infractions complexes.

En sept ans d’existence, la Cour s’est imposée comme une institution centrale du dispositif judiciaire béninois. Selon les chiffres présentés en 2025 par le procureur spécial Mario Metonou, elle a traité 7 400 procédures entre janvier 2019 et décembre 2024.

Dans le détail, 2 142 cas de cybercriminalité, 680 procédures liées au terrorisme, 157 pour trafic de drogue, 117 pour détournements de deniers publics, 60 pour corruption et 234 pour blanchiment de capitaux.

Mais la juridiction est surtout connue pour sa sévérité. En janvier 2025, elle a condamné à 20 ans de prison ferme l’homme d’affaires Olivier Boko, ancien proche du Président Patrice Talon, pour complot contre l’autorité de l’État. Des peines lourdes qui lui valent d’être perçue par une partie de l’opposition et certains observateurs comme un « instrument politique ».

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