Dans la commune de Grand-Popo, des récidivistes-usurpateurs et imposteurs qui se font désigner chef supérieur traditionnel au mépris de la loi, ont été recadrés par le préfet Bienvenu MILOHIN et le maire CARLOS YAO AYIKPE. Finie la récréation !
Par le biais d’une lettre en date du 20 septembre 2026, ils ont à nouveau, saisi le préfet du département du Mono, Bienvenu Milohin, l’informant de la désignation d’un supposé chef supérieur à Agoué. Mais étant donné que, force doit rester à la loi, la réponse du préfet a été cinglante pour eux. A travers une lettre qui leur a été adressée le 29 septembre dernier, en réponse à leur correspondance que notre Rédaction a consultée, l’autorité préfectorale a été catégorique.
En accusant réception de leur correspondance datée du 20 septembre 2026, le préfet a d’abord félicité les ‘’initiateurs’’ pour avoir porté « l’information à la connaissance de l’administration publique ».
Par la suite, il leur a fait comprendre que « la loi reste la loi même si elle est dure ». « Conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur dans notre pays, aucune chefferie traditionnelle n’est habilitée à organiser de cérémonie de désignation ou d’intronisation de quelque responsable que ce soit », prévient le préfet, droit dans ses bottes ; dans sa lettre. De plus, il a souligné que, dans le département du Mono en particulier, un arrêté préfectoral en date de 2023, interdit toute intronisation ou désignation de chef traditionnel. « … Par arrêté préfectoral du 13 décembre 2023, portant interdiction de l’intronisation et de l’installation de chefferie traditionnelle dans le département du Mono, il est interdit l’organisation d’une telle cérémonie dans la juridiction administrative du Mono jusqu’à la mise en place de la Commission permanente de suivi de la chefferie traditionnelle dans notre pays», a signifié le préfet.
En effet, après ce rappel, le préfet a conclu que leur activité de désignation d’un supposé chef supérieur est caduque. « Votre activité est nulle et non avenue et est considérée comme sans suite par l’Autorité préfectorale », a conclu le préfet Milohin. « Étant donné que la cérémonie relève du domaine des manifestations publiques, je vous demande à l’avenir de vous adresser à la mairie pour avoir les informations nécessaires relatives aux dispositions actuelles qui encadrent votre secteur. Ainsi, le maire, avec ses services compétents, pourra vous situer davantage », a recommandé le préfet.
Plus loin, il déclare : « En tout état de cause, la récidive d’une telle démarche de votre part sera considérée comme une volonté de troubler l’ordre public et sera traitée avec rigueur comme telle. »
Le maire aussi avertit et prend ses dispositions
Dans la même veine que le préfet, le maire de la commune de Grand-Popo, CARLOS YAO AYIKPE avertit. Dans sa correspondance du 22 septembre 2026, il siffle la fin de la récréation et appelle au respect strict des dispositions légales et règlementaires relatives à la chefferie traditionnelle dans la commune de Grand-Popo. Rappelant au passage que, l’arrêté préfectoral n°9/083/PDM/SGD/SAG/SA/009SGG23 du 13 décembre 2023, portant interdiction de l’intronisation et de l’installation de chefferies traditionnelles dans le département du Mono, a expressément interdit ces opérations sur toute l’étendue du département jusqu’à nouvel ordre. Il a missionné ses adjoints, les chefs d’arrondissement et les Chefs de village ou de quartier de ville de veiller à son strict respect. Par conséquent, insiste le maire dans sa lettre adressée aux CA et CQ, et consultée par notre rédaction, qu’en attendant la mise en œuvre entière de la loi sur la désignation et la reconnaissance des autorités traditionnelles, « aucune personne ne saurait se prévaloir, sur le territoire de la commune, du titre ou des prérogatives de Chef supérieur d’Agoué ou de tout autre quelconque arrondissement en dehors du cadre légal établi par l’État. » « La loi elle-même définit les us et coutumes comme des pratiques qui garantissent notamment le respect des lois de la République. Et, l’article 26 dispose expressément que tout pouvoir traditionnel s’exerce conformément aux règles héritées de la tradition, sans entrave aux valeurs républicaines », rappelle le maire.
Enfin, il instruit ses adjoints et les Chefs d’arrondissement à exercer une vigilance particulière sur cette question et à veiller, chacun en ce qui le concerne, au strict respect des dispositions légales et réglementaires en vigueur sans cautionner la pagaille et le désordre des imposteurs. « Nul ne peut s’arroger une autorité publique ou traditionnelle reconnue par l’État en dehors des procédures prévues par la loi », a-t-il conclu.
Pourquoi le préfet et le maire ont vu juste ?
L’histoire du royaume du peuple Guin, sis à Agoué (Follycomey), dans la commune de Grand-Popo, est la plus ancienne du Bénin, le Danhomey d’alors. Elle est d’ailleurs archivée dans le livre intitulé « L’histoire de mon pays », du célèbre écrivain Jean Pliya, et conservée à la Bibliothèque nationale du Bénin. Originaires d’El Mina, actuel Ghana, il faut rappeler que les populations « Ané » avaient été chassées de chez elles lors des invasions. Hébergées par le roi de Glidji, qui a autorisé leur chef, Kouandessou, à s’installer, elles construisirent des maisons qu’on appelait « ANEHO » ou « Ané obého » ; en français : « la case des Ané ». C’est ainsi qu’après la mort de Kouandessou, l’appellation a été transformée et on parle désormais d’« Aného ».
En effet, leur 5è chef de collectivité, appelé roi, c’est-à-dire Comlangan, a eu des démêlés avec ses proches et a été gravement blessé. Dans sa fuite, il s’est réfugié chez Folly-Awon, fondateur d’Agoué en février 1821, et succomba trois mois plus tard à ses blessures. Après le décès de Comlangan, le « GUINFIO », Folly-Awon a donné une portion de terre à son fils aîné Cataria APETOVI pour héberger leur délégation à Follycomey. En 1885, au retour de Berlin, le colon a tout saucissonné. Alors que tout était en bloc, Agoué et Agbétiko, jusque dans le Togo, ont subi un découpage.
En vérité, l’histoire d’Agoué est ancienne, et la célébration de la 363è édition cette année de la fête identitaire des Guin, appelée « Yêkê-Yêkê », en est une preuve palpable. La ville d’Agoué, qui a son roi connu de tous et par le Haut Conseil des Rois du Bénin (HCR), Sa Majesté Sossa Folly-Awon DANHOUENOU, n’est plus à l’étape d’expérimentation.
On peut dire, selon l’histoire, que le préfet Bienvenu Milohin a été sans complaisance dans sa lettre du 29 septembre 2026 dans laquelle il a recadré les récidivistes. Il faut reconnaître qu’aucune localité de la commune de Grand-Popo ne porte le nom d’« Agoué-Adjigo » comme le font savoir les usurpateurs qui, ne sont en réalité, que des trouble-fêtes et méritent d’être traités avec la dernière rigueur en cas de récidive, comme l’a mentionné le préfet dans sa correspondance.











