Le Bénin n’a jamais franchi la barre des 50 points sur 100, depuis la création de l’Indice de Perception de la Corruption (IPC). C’est du moins le constat dressé par Dr Jean-Baptiste Elias, président du Front des organisations nationales contre la corruption (FONAC) dans un entretien accordé à Fraternité FM.
Publié chaque année par Transparency International, l’IPC évalue le niveau perçu de corruption dans le secteur public de 182 pays et territoires. La note va de 0, « fortement corrompu », à 100, « très peu corrompu », et s’appuie sur 13 sources de données indépendantes.
Pour illustrer ses propos, le président du FONAC s’est appuyé sur les chiffres des 14 dernières années. « Depuis l’indépendance du Bénin, le 1er août 1960, chaque gouvernement qui a pris rênes du pouvoir au Bénin, Dahomey d’alors, a essayé de faire ce qu’il a pu », a-t-il d’abord rappelé, avant d’entrer dans le détail.
En 2012, l’indice de perception de la corruption du Bénin était de 36 points sur 100. La note stagne à 36/100 en 2013, remonte à 39/100 la même année, redescend à 37/100 en 2015 puis à 36/100 en 2016. Elle repart à 39/100 en 2017, 40/100 en 2018, 41/100 en 2019 et 2020, 42/100 en 2021. Le pays atteint ensuite 43/100 en 2022 et 2023, avant de culminer à 45/100 en 2024 et 2025.
De ces différents chiffres, une analyse se dégage selon l’acteur de la société civile: « Nous dirons que le Bénin a évolué en dent de scie », a déclaré Jean-Baptiste Elias, pour qui « le Bénin peut mieux faire.»
« Jamais la moyenne »
Dans son intervention, Jean-Baptiste Elias a attiré l’attention sur un constat troublant : « Depuis le début du classement, le Bénin n’a jamais obtenu la moyenne. La moyenne étant 50 sur 100 ».
Pour lui, il ne faut plus se contenter des comparaisons avec les pays en bas du classement. « D’autres pensent qu’il faut voir le classement pour apprécier. Non. Un élève ou un étudiant ne peut se comparer qu’aux meilleurs de la classe. Je vais me comparer au premier et non au dernier. Le premier dans le classement de l’indice de perception de la corruption a 90, 92 sur 100. Le Bénin ne peut pas avoir 45 points et dit qu’il a progressé. Ce n’est pas possible. Le dernier de la classe, donc la Somalie, a 13 points sur 100. Donc, comme lui il a 13 et moi j’ai 45, j’ai progressé ? Non, ce n’est pas comme ça », a-t-il expliqué.
Selon Jean-Baptiste Elias, « pour encourager les responsables, les décideurs à avancer, il faut qu’on se compare aux premiers du classement à savoir les pays nordistes ».











