La lutte contre les réseaux d’escroquerie associés à QNET se poursuit au Bénin. Depuis avril 2026, 24 opérations ont été menées par les services de sécurité à Parakou, Godomey et Taconoukon. Ces interventions ont conduit à l’arrestation de 92 suspects, dont plusieurs ont été présentés à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).
L’information a été communiquée par le porte-parole de la Police républicaine, qui précise que les personnes interpellées sont soupçonnées d’appartenir à des réseaux opérant sous la bannière de QNET ou de structures qui lui sont apparentées. Certaines d’entre elles ont été placées sous mandat de dépôt après leur présentation à la juridiction spécialisée.
Des jeunes ciblés à travers leur entourage
D’après les explications de la Police républicaine, ces réseaux s’appuieraient notamment sur le recrutement de jeunes par l’intermédiaire de leurs proches ou de leur entourage. Les personnes recherchées seraient principalement celles qui souhaitent trouver un emploi, acquérir de nouvelles compétences, renforcer leur expérience professionnelle ou encore trouver des possibilités de départ à l’étranger. Les opérations menées depuis avril ont également permis de découvrir et de désorganiser plusieurs lieux utilisés par ces réseaux. Des centaines de victimes auraient été secourues, certaines ayant ensuite pu retourner dans leur pays.
Des opérations menées au-delà des frontières
La lutte ne se limite pas au territoire béninois. La Brigade économique et financière (BEF) et le Bureau central national Interpol de Cotonou participent notamment aux actions engagées contre ces réseaux. Entre mai et juillet 2026, trois sites ont ainsi été démantelés dans un pays anglophone voisin. Cinq personnes présentées comme des responsables importants de ces réseaux ont été arrêtées puis remises aux autorités béninoises. Une centaine de victimes béninoises ont également été libérées lors de ces interventions.
Plus de 1 300 personnes interpellées depuis 2018
Cette nouvelle vague d’arrestations s’inscrit dans une lutte engagée depuis plusieurs années. Dans un bilan rendu public en mai 2026, la Police républicaine indiquait avoir enregistré près de 70 opérations depuis 2018. Sur la période allant de 2018 à avril 2026, 1 386 personnes avaient été interpellées, parmi lesquelles 412 ont été déférées devant le procureur spécial de la CRIET. Des opérations avaient également été conduites au Togo, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Ghana.
La Police républicaine annonce par ailleurs un élargissement de la traque aux personnes qui faciliteraient l’installation de ces réseaux. Les propriétaires qui mettraient leurs maisons ou appartements à leur disposition tout en ayant connaissance de leurs activités pourraient désormais être poursuivis.
« Désormais, cette traque s’étendra également aux propriétaires et autres personnes qui, en connaissance de cause, mettent leurs maisons ou appartements à la disposition de ces réseaux pour servir de lieu de commission de leurs activités criminelles. En tout état de cause, ceux qui facilitent ces agissements en seront tenus pour responsables », a prévenu le porte-parole de la Police républicaine.
Edouard HOUNTONDJI











