Bénin : la SRTB éprouvée par sa propre réforme

La Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB), qui remplace le défunt Office de Radiodiffusion et Télévision du Bénin (ORTB), semble-t-il, perd progressivement de sa superbe. En deux ans, elle a connu au moins cinq (05) directeurs généraux. Un record absolu ! Qui diantre a proposé aux dirigeants béninois, cette réforme qui fait de…

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SRTB licenciement

La Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB), qui remplace le défunt Office de Radiodiffusion et Télévision du Bénin (ORTB), semble-t-il, perd progressivement de sa superbe. En deux ans, elle a connu au moins cinq (05) directeurs généraux. Un record absolu !

Qui diantre a proposé aux dirigeants béninois, cette réforme qui fait de l’ex-ORTB, une société anonyme depuis plus de deux ans ? Pour le citoyen lambda en effet, la réforme annonciatrice du changement de statut de l’ORTB, a pour l’instant, plongé cet office dans les limbes. Déjà que le média n’avait guère bonne presse au sein de l’opinion nationale, il devient instable et reste sous perfusion depuis l’avènement de la réforme.
Régi par la loi n° 94-009 du 28 juillet 1994, portant création, organisation et fonctionnement des offices à caractères social, culturel et scientifique, la loi organique n°92-021 du 21 août 1992 relative à la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), et le décret n°2005-252 du 06 mai 2005 relatif à ses statuts, l’Office de Radiodiffusion et Télévision du Bénin (ORTB), l’ex-ORTB devenu SRTB, est doté de la personnalité morale, de l’autonomie financière et est placé sous la tutelle du Ministère chargé de la Communication.
Avant la mutation, des décrets adoptés en Conseil des ministres du mercredi 6 juillet 2022, dont celui portant modification des statuts de l’Office de radiodiffusion et télévision du Bénin (ORTB), ont été pris.
Les statuts de l’Office de radiodiffusion et Télévision du Bénin (ORTB) et du Centre multimédia des Adolescents et des Jeunes du Bénin (CMAJB), modifiés, sont la conséquence d’une décision prise en Conseil des ministres du mercredi 8 novembre 2023 sous l’ancien président Patrice Talon. Et pourtant, la maison ne se porte toujours pas mieux qu’auparavant.

La valse de directeurs généraux

Étonnamment, la réforme introduite et mise en route, pour soit dit en passant, redorer à cette « maison », son blason d’antan, a atterri avec une brochette de nominations suivies de limogeages. Autant on nomme, autant on limoge. C’est ainsi que depuis deux ans et un peu plus, les Directeurs généraux se succèdent à la tête de la SRTB SA. En premier, Darius Dadé. Naguère premier responsable du CMAJB, fusionné avec la SRTB, il a pris les rênes de la nouvelle société. Nommé le 22 mars 2024, l’ancien pensionnaire de radio Tokpa, un média privé de Cotonou, a été révoqué par le ministre du numérique Aurélie Adam Soulé Zoumarou. Par arrêté N°010/MND/DC/SGM/CRJ/DPAF/SA/06SGG/24, l’autorité ministérielle va nommer Freddy Rock KOUDAHOUA. A la suite du nouveau Directeur général, M. KOUDAHOUA, sera nommée, la réalisatrice franco-togolaise, Angela Aquereburu Rabatel, promue en conseil des ministres le mercredi 12 février 2025, par l’ancien Président, Patrice Talon.
Sa nomination, faut-il le souligner, fait suite à une procédure de sélection par appel à candidatures international, conduite par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC). Le lundi 23 mars 2026, Angela Aquereburu Rabatel limogée, cède son fauteuil à Ogoutchina Koundé. Ce dernier ne résistera point au vent de limogeage qui secoue cette société, battant de l’aile malgré la réforme. Depuis quelques semaines, Ogoutchina Koundé, qui aura passé environ quatre mois, perd son fauteuil. Il a été remplacé sans ménagement par Madame Sinatou Saka. Très introduite dans les hautes sphères, celle qui, selon les informations de l’Investigateur, a pion sur rue, prend les destinées de la société. Pour combien de temps désormais ?

Le coup de grâce ou acte salvateur ?

Ici, il est question de la réforme qui fait des victimes. A propos, l’exemple des pères et mères de famille renvoyés manu militari au gré des réformes, est illustratif. Alors, au regard des conséquences enregistrées, on pouvait procéder autrement au lieu de congédier des pères de famille un de ses quatre sans préavis. Par le biais de la réforme dite « plan de modernisation assorti d’un volet social, et un audit de compétences. », le départ de 169 agents (NDLR journalistes, administratifs, techniciens, financiers etc.), a été brusqué mai dernier, malgré les tentatives de négociation du syndicat de l’audiovisuel, restées lettre morte. Jusqu’au 8 mai, date de la notification de leur départ, le syndicat s’est battu en vain. Comme si le ciel leur tombait dessus, ils ont, la gorge nouée, le regard abattu et sans solution aucune, bu le calice jusqu’à la lie. « Content, pas content, content quand-même », dira l’autre. Un choc brutal pour ces pères de famille comme ce témoignage de l’un d’entre eux, à RFI sous anonymat : « Un licenciement sans préavis bouleverse tout. Être mis à la porte est traumatisant, surtout quand on n’a préalablement pas commis de faute. Derrière un travailleur, il y a plusieurs personnes qui en dépendent. C’est toute sa famille qui va subir cette douleur». Derrière, ce sont des crises d’AVC pour certains. Le cœur serré, ‘’ils en ont souffert mais ne pouvaient rien faire’’. Depuis en effet, la SRTB tangue, plie et les changements de directeurs généraux, à tour de bras, viennent comme pour confirmer que la réforme est bel et bien éprouvée.

 

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