Bénin : de l’opposition ‘’modérée’’ au Sénat, le pari risqué mais gagnant de Paul Hounkpè

L’ancien Chef de file de l’opposition au Bénin, Paul Hounkpè vient d’être désigné à la faveur des nominations du mercredi 1er juillet 2026, pour siéger au Sénat. Au demeurant, il s’est agi d’un pari risqué au départ, mais à l’arrivée, concluant pour l’ancien ministre de la culture sous Boni Yayi. Paul Hounkpè, opposant avril dernier…

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L’ancien Chef de file de l’opposition au Bénin, Paul Hounkpè vient d’être désigné à la faveur des nominations du mercredi 1er juillet 2026, pour siéger au Sénat. Au demeurant, il s’est agi d’un pari risqué au départ, mais à l’arrivée, concluant pour l’ancien ministre de la culture sous Boni Yayi.

Paul Hounkpè, opposant avril dernier de l’actuel président du Bénin, Romuald Wadagni, sera bel et bien de l’équipe sénatoriale au Bénin. Désigné à la faveur des nominations et pour le compte du président de la République, l’ancien Secrétaire exécutif national (SEN), du parti Force Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), ne chômera point. Lui, qui a quitté la tête du parti le 28 avril 2026, pour des raisons de convenance personnelle, a-t-il évoqué, dans sa lettre de démission adressée à ses pairs. Désigné au sein de l’équipe sénatoriale, il siégera aux côtés des membres de droit que sont les anciens présidents de la République, de la Cour constitutionnelle et bien d’autres.

Challenger du candidat Romuald Wadagni lors de la présidentielle du 12 avril 2026, Paul Hounkpè, candidat par ailleurs, a démissionné au grand dam des « non-initiés », quelques jours après la présidentielle qu’il a perdue. Mais, pour des avertis, peut-être qu’une promesse lui avait sans doute été faite, ce qui sous-tend son vrai-faux départ du parti FCBE. « Je suis parti, mais je reste avec vous », a-t-il lancé à ses pairs au lendemain de sa démission en plein conseil national.

En effet, le timing choisi pour démissionner, c’est-à-dire à quelques semaines de la désignation ou nomination des membres devant siéger au sein du Sénat,  laissait pressentir un coup. En tout état de cause, cela n’a pas raté. L’ancien maire de la commune de Bopa a réussi son pari quoique risqué au départ. Car, personne ne pouvait jurer la main sur le cœur qu’il allait être nommé. « Les promesses politiques n’engagent que ceux qui y croient » ; avait dit l’ancien président de l’Assemblée nationale Me Adrien Houngbédji. Même les plus chevronnés turfistes ne pouvaient mettre une seule pièce sur la désignation de M. Hounkpè en tant que membre du Sénat avant le 1er juillet dernier. Surtout par le président Romuald Wadagni, son challenger et candidat à la fonction présidentielle d’avril dernier, et devenu président de la République.  Si cette nomination est plus ou moins perçue tel un dol aux yeux du peuple et de certains militants FCBE, qui croyaient en cet opposant dit « modéré », pour l’intéressé, le coup a réussi.  ‘’La fin justifie les moyens’’, dit-on, et Paul Hounkpè ne pouvait pas rêver mieux. Du ministère de la culture à la tête de la FBCE, puis deux fois (NDLR 2021 ; 2026), candidat à la présidentielle pour enfin atterrir au Sénat, la trajectoire tout à fait sinusoïdale de ce politicien qui a su se retrouver au bon endroit et au bon moment, témoigne du peu de conviction dont font preuve les leaders politiques béninois.

Rôle et mission du sénat  

En effet, assurer la stabilité institutionnelle et apaiser la vie politique nationale est la principale mission du Sénat au Bénin. Son rôle est de résoudre les conflits institutionnels, d’agir comme un conseil des sages dans l’optique de préserver la cohésion sociale et d’avoir un second regard sur les grandes lois politiques. Intervenir pour régler les situations de blocage entre l’exécutif et l’Assemblée nationale, notamment lors de conflits liés à l’adoption ou à la relecture de lois ; tempérer la classe politique, défendre les acquis démocratiques et prévenir les tensions qui pourraient nuire à la paix sociale ou à la sécurité nationale et délibérer sur les propositions de loi à caractère politique (lois constitutionnelles, électorales, et fonctionnement des partis) sont entre autres, les missions du Sénat. Au sein de la République, le Sénat s’octroie le statut d’organe modérateur sans disposer du droit d’initiative sur les lois de finances.

Il est composé de 25 membres à savoir : des sénateurs de droit, des membres issus des forces de défense et des personnalités nommées. Il faut dire que les membres de droit sont les anciens Présidents de la République tels que Nicéphore Soglo, Boni Yayi et Patrice Talon ; des anciens Présidents de l’Assemblée nationale comme Me Adrien Houngbédji ; Bruno Amoussou, Idji Kolawolé et Mathurin Nago ; d’anciens Présidents de la Cour constitutionnelle comme Théodore Holo, Élisabeth Pognon, Me Robert Dossou etc.

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