Le Bénin et le Niger, au terme du travail de la commission qui s’est réunie ce week-end à Cotonou, ont trouvé un terrain d’entente dans le cadre de la réouverture de la frontière Bénin-Niger.
Pour s’en convaincre, au terme de la réunion, le général Mohamed Toumba, ministre de l’intérieur du Niger, a apprécié les engagements pris de part et d’autre sur la sécurité, le transit, les charges et les contentieux. « La paix et la sécurité produisent plus de richesses que la conflictualité », a-t-il lancé, avant d’ajouter qu’en choisissant « le dialogue plutôt que la confrontation », les deux pays avaient créé « de la valeur pour nos économies, de la sécurité pour nos populations, de l’espoir pour notre jeunesse ».
C’est alors qu’il va appeler à surmonter les écueils susceptibles de bloquer à nouveau le dialogue. Il a salué l’accord de principe trouvé autour des enjeux sécuritaires, économiques et juridiques. Le dialogue a déverrouillé tout ce qui pouvait bloquer l’issue des pourparlers. « Nous avons ouvert une porte ; il nous faut maintenant la franchir ensemble avec méthode et persévérance », a-t-il suggéré.
Le général Mohamed Toumba va apprécier « la qualité des échanges », et « la profondeur des analyses » sans oublier, « la courtoisie » qui ont prévalu au cours des travaux. A l’en croire, les engagements pris au départ ont été respectés.
« Nous avons tenu notre engagement. Nous avons verrouillé la priorité sécuritaire », a-t-il rappelé et insisté que les questions sécuritaires sont primordiales dans le processus de réouverture.
Tout en insistant sur la sécurité, le général Toumba a reconnu qu’elle est au centre de toute préoccupation. « Le péril est grand, nous ne l’avons pas nié. Mais ce qui sauve, c’est la main tendue, c’est la volonté de dépasser les rancœurs », a-t-il déclaré.
« La route est encore longue. Les détails techniques seront à discuter. Des obstacles surgiront inévitablement », prévient-il avant d’ajouter que le Bénin et le Niger disposent désormais d’un « cadre politique solide », de « mécanismes de suivi » et d’une « volonté commune ».
Pourquoi tout le monde s’en préoccupe ?
La frontière entre le Bénin et le Niger revêt une importance capitale pour les deux pays. C’est d’ailleurs ce qui explique les nombreux appels en faveur de sa réouverture depuis qu’elle a été fermée en juillet 2023, après le coup d’Etat au Niger.
Une reprise des échanges commerciaux constituerait une véritable bouffée d’oxygène pour l’économie béninoise, notamment le Port autonome de Cotonou, privé depuis près de trois ans d’une partie importante de son trafic.
Elle permettrait aussi la facilitation d’approvisionnement du Niger, pays enclavé fortement et dépendant du trafic commercial via le Port de Cotonou.
De part et d’autre de la frontière, les activités commerciales tournent au ralenti et les opérateurs économiques continuent de subir les conséquences de cette fermeture qui dure depuis une éternité, selon eux.
Mécontent de la position adoptée par le Bénin à la suite du renversement du président démocratiquement élu, Mohamed Bazoum, le régime nigérien a choisi d’affirmer son autorité en maintenant la frontière fermée.
Il convient de rappeler qu’après le coup d’État, qui a renversé Mohamed Bazoum, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), avait envisaé de s’appuyer sur le Bénin dans le cadre de ses efforts qui visaient à rétablir l’ordre constitutionnel au Niger, à travers sa force multinationale d’intervention et de maintien de la paix.












