Afrique du Sud : nouvelle réaction de Kèmi Séba après 66 jours de détention provisoire

Détenu depuis plus de deux mois en Afrique du Sud, l’activiste béninois Kemi Seba dénonce des conditions de détention difficiles à la prison de Kgosi Mampuru. Dans une longue déclaration publiée depuis sa cellule ce 18 juin, il décrit une surpopulation carcérale, des conditions sanitaires dégradées et des violences à caractère xénophobe visant, selon lui,…

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Afrique du Sud : nouvelle réaction de Kèmi Séba après 66 jours de détention provisoire

Détenu depuis plus de deux mois en Afrique du Sud, l’activiste béninois Kemi Seba dénonce des conditions de détention difficiles à la prison de Kgosi Mampuru. Dans une longue déclaration publiée depuis sa cellule ce 18 juin, il décrit une surpopulation carcérale, des conditions sanitaires dégradées et des violences à caractère xénophobe visant, selon lui, les détenus étrangers.

Au 66e jour de sa détention provisoire, Kemi Seba est sorti de son silence à travers un long message dans lequel il livre un témoignage détaillé sur le quotidien des détenus au sein de la prison de Kgosi Mampuru, à Pretoria, en Afrique du Sud. L’activiste panafricaniste, qui se présente comme un prisonnier politique, décrit un environnement carcéral qu’il qualifie de « camp de persécution noire ».

Dans son récit, il affirme que les détenus vivent dans des conditions extrêmement précaires. Selon lui, l’hiver austral aggrave les difficultés, les cellules étant exposées au froid en raison d’un nombre limité de fenêtres et de l’absence d’eau chaude pour les douches. Il évoque également la propagation rapide de maladies telles que la grippe ou la varicelle.

Une surpopulation carcérale inquiétante et des présumés actes xénophobes…

Kemi Seba dénonce surtout une importante surpopulation carcérale. À l’exception de certaines sections de la prison, il affirme que des dizaines de détenus sont regroupés dans une même cellule, dans des conditions d’hygiène qu’il juge particulièrement dégradées.

« À l’exception des personnes incarcérées dans les sections E et F, la plupart des êtres emprisonnés sont empilés comme des crêpes, par groupe de 50 dans des cellules, où l’hygiène semble avoir déserté les lieux depuis tellement de temps », a-t-il écrit sur sa page Facebook ce 18 juin 2026.

L’activiste affirme par ailleurs que de nombreux prisonniers originaires d’autres pays africains seraient victimes de violences et de traitements discriminatoires de la part de certains gardiens de prison. Il évoque des actes de xénophobie qui, selon lui, toucheraient particulièrement les migrants africains détenus dans l’établissement.

Dans son message, Kemi Seba établit également un parallèle historique avec Nelson Mandela et Steve Biko, tous deux passés par le système carcéral sud-africain. Il estime que ces figures de la lutte contre l’apartheid « se retourneraient dans leur tombe » face aux conditions actuelles de détention qu’il décrit.

Pourquoi Kemi Seba est-il toujours détenu ?

Kemi Seba a été arrêté le 13 avril 2026 en Afrique du Sud. Les autorités sud-africaines lui reprochent notamment un séjour irrégulier sur leur territoire ainsi qu’une tentative de quitter clandestinement le pays en direction du Zimbabwe, en traversant le fleuve Limpopo. Il avait été interpellé en compagnie de son fils de 18 ans et d’un militant sud-africain.

Le parquet sud-africain s’est opposé à sa remise en liberté sous caution, estimant qu’il présente un risque de fuite. La justice examine également une demande d’extradition introduite par le Bénin.

Mandat d’arrêt et présumés projets d’attentats en Europe

À Cotonou, deux mandats d’arrêt internationaux ont été émis contre l’activiste. Les autorités béninoises le poursuivent notamment pour apologie de crime, incitation à la rébellion et soutien présumé à une tentative de coup d’État survenue en décembre 2025.

Par ailleurs, le parquet sud-africain affirme disposer d’éléments laissant supposer l’existence de projets d’attentats en Europe. Des allégations que la défense de Kemi Seba conteste catégoriquement.

En parallèle de ces procédures, l’activiste a introduit une demande d’asile politique en Afrique du Sud, estimant qu’il serait exposé à des persécutions en cas de retour au Bénin. Cette démarche contribue à prolonger l’examen de son dossier par la justice sud-africaine.

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