Du Nigeria au Niger, en passant par le Burkina Faso, le Togo et la Côte d’Ivoire, Romuald Wadagni a consacré sa toute première tournée présidentielle à l’Afrique de l’Ouest. Un choix loin d’être anodin.
À peine investi président de la République, Romuald Wadagni a choisi de faire de l’Afrique de l’Ouest la priorité de son premier agenda diplomatique. Après une visite officielle au Nigeria le 1er juin, le chef de l’État béninois s’est rendu au Niger et au Burkina Faso avant de poursuivre sa tournée au Togo et en Côte d’Ivoire.
Dans un communiqué publié le 4 juin, la Présidence du Bénin indique que la visite à Abidjan s’inscrit dans le cadre d’une tournée inaugurale en Afrique de l’Ouest. Le document précise surtout que cette série de déplacements « consacre la priorité accordée par le Chef de l’État à la diplomatie de voisinage ». Cette phrase résume à elle seule la philosophie qui sous-tend cette première offensive diplomatique du nouveau président béninois.
Le choix des destinations révèle une volonté de renforcer d’abord les relations avec les pays qui influencent directement la stabilité et le développement du Bénin. Le Nigeria demeure le premier partenaire économique du pays et partage avec le Bénin près de 800 kilomètres de frontière. La visite de Lagos, première sortie officielle de Romuald Wadagni après son investiture, visait notamment à réaffirmer l’importance accordée à ce partenaire.
Le Togo constitue quant à lui un partenaire naturel sur les questions de commerce, d’intégration régionale et de sécurité frontalière. Quant à la Côte d’Ivoire, elle représente l’une des principales locomotives économiques de l’UEMOA et un acteur influent de la sous-région.
Le Niger et le Burkina Faso, les étapes les plus importantes
En réalité, ce sont surtout les visites à Niamey et à Ouagadougou qui ont retenu l’attention. Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 au Niger, les relations entre Cotonou et Niamey avaient connu une grave détérioration. La fermeture de la frontière et les divergences autour des sanctions de la CEDEAO avaient profondément affecté les rapports entre les deux pays.
En se rendant personnellement à Niamey, Romuald Wadagni est devenu le premier président béninois élu à effectuer une visite officielle au Niger depuis l’arrivée au pouvoir du général Abdourahamane Tiani. Le geste est hautement symbolique et traduit une volonté de relancer le dialogue.
Le même constat s’applique au Burkina Faso, où le chef de l’État béninois a été reçu par le capitaine Ibrahim Traoré. Les deux pays sont confrontés à des défis sécuritaires communs, notamment la menace terroriste qui touche les zones frontalières du nord béninois.















