Frontière Bénin - Niger : Tiani fait une nouvelle déclaration et prend une décision

Politique

Le président nigérien Abdourahamane Tiani a annoncé, lors d’un meeting à Gaya, samedi 08 novembre, que la frontière avec le Bénin ne sera pas rouverte pour le moment. Il accuse Cotonou d’abriter des forces étrangères et de servir de relais à des actions visant à déstabiliser les États du Sahel.

En déplacement samedi à Gaya, dans le sud du Niger, le général Abdourahamane Tiani a réaffirmé la position de son gouvernement quant à la fermeture de la frontière avec le Bénin. Pour le chef de la junte au pouvoir à Niamey, toute réouverture serait prématurée et mettrait en péril la sécurité nationale.

« Tant que la situation n’évoluera pas du côté béninois, le Niger n’a d’autre choix que de maintenir cette frontière fermée. L’ouvrir reviendrait à trahir les aspirations du peuple nigérien », a déclaré le président Tiani devant les Forces de Défense et de Sécurité. Il a en outre accusé le Bénin d’abriter des troupes étrangères, citant la présence de soldats français et belges ainsi que du navire militaire Tonnerre au port de Cotonou. Selon lui, ces dispositifs viseraient à soutenir des opérations hostiles aux pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Ces propos s’inscrivent dans un contexte de tension persistante entre Niamey et Cotonou depuis la rupture des relations diplomatiques entre le Niger et la France à la suite du coup d’État de juillet 2023. En août dernier, le Bénin qui a toujours rejeté les accusations nigériennes, avait pourtant tenté un geste d’apaisement en invitant les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Niger, Mali et Burkina Faso – à son défilé du 1er août. Si la Côte d’Ivoire avait répondu favorablement, les pays sahéliens avaient décliné l’invitation.

Sur le plan sécuritaire, la région reste sous haute tension. En juin dernier, une attaque jihadiste dans l’Alibori, au nord du Bénin, avait coûté la vie à 54 soldats béninois. Cotonou avait alors mis en cause « un dispositif insuffisant de l’autre côté des frontières », une allusion à la fragilité des zones frontalières nigériennes.

Devant ses troupes, Abdourahamane Tiani a exhorté les forces nigériennes à renforcer leur vigilance. « L’ennemi bénéficie de renseignements et nous surprend dans nos moments de relâchement. La vigilance doit être permanente », a-t-il insisté, appelant les militaires à s’inspirer de la résistance historique du Niger.

Après les déclarations de la junte nigérienne, les autorités béninoises ont invité celles du Niger à dépêcher une mission au Bénin afin de se rendre compte que leurs accusations sont infondées.

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L’investigateur

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