Politique

Réunis en sommet ordinaire le dimanche 14 décembre à Abuja, au Nigeria, les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO ont examiné la situation sociopolitique, économique et sécuritaire de la sous-région. Deux sujets phares étaient particulièrement au menu de ce sommet. Il s’agit du programme de la transition proposé par les militaires qui ont pris le pouvoir en Guinée-Bissau et le coup d’Etat avorté au Bénin.

14 décembre 2025, Abuja, République fédérale du Nigeria
COMMUNIQUÉ FINAL

1. La Soixante-huitième Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de
Gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest
(CEDEAO) s’est tenue le 14 décembre 2025 à Abuja, en République fédérale du
Nigéria, sous la présidence de S.E. Julius Maada Bio, Président de la République
de Sierra Leone et Président en exercice de la Conférence.

2. Les Chefs d’État et de Gouvernement suivants ou leurs représentants dûment
mandatés ont participé à la session :

• S.E. Jose Maria Pereira Neves, Président de la République de Cabo Verde ;
• S.E. M. Adama Barrow, Président de la République de Gambie ;
• S.E. John Dramani Mahama, Président de la République du Ghana ;
• S.E. Bassirou Diomaye Faye, Président de la République du Sénégal ;
• S.E. Julius Maada Bio, Président de la République de Sierra Leone ;
• S.E. Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil de la République
togolaise ;
• S.E. Tiémoko Meyliet Koné, Vice-président de la République de Côte d’Ivoire ;
• S.E. Sénateur Kashim Shetima, Vice-président de la République fédérale du
Nigeria ;
• S.E. Olushegun Adjadi Bakari, ministre des Affaires étrangères de la
République du Bénin ;
• S.E. Sara Beysolow Nyanti, ministre des Affaires étrangères de la République
du Liberia.

3. Étaient également présentes les personnalités ci-après :

• S.E. Omar Alieu Touray, Président de la Commission de la CEDEAO ;
• S.E. Abdoulaye Diop, Président de la Commission de l’UEMOA ;
• Dr Bankole Adeoye, Commissaire aux Affaires politiques, à la Paix et à la
Sécurité de l’Union africaine, représentant S.E. Mahmoud Ali Youssouf,
Président de la Commission de l’Union africaine ;
• S.E. Mohamed Ibn Chambas, Président de la Task Force du Schéma de
libéralisation des échanges de la CEDEAO ;
• S.E. Ambassadeur Baba Kamara, Envoyé spécial de la CEDEAO pour la lutte
contre le terrorisme.
• Dr James Aji, Chef de la Représentation de l’UNOWAS au Nigeria, représentant
S.E. Leonardo Santos Simão, Représentant spécial du Secrétaire général des
Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS).

4. Au cours d’une session spéciale, La Conférence a fait d’importantes déclarations
sur l’avenir de la Communauté avant la tenue d’un Sommet spécial sur l’avenir de
l’intégration régionale. La Conférence note avec satisfaction les progrès accomplis
par la CEDEAO au cours des 50 dernières années, fait le point sur les défis
auxquels la région est confrontée et propose des approches alternatives pour
l’avenir. Les principaux domaines d’intérêt abordés au cours des délibérations
comprennent un engagement renouvelé en faveur d’une intégration régionale plus
approfondie, la révision des textes pertinents de la Communauté afin de les adapter
à la dynamique actuelle et de mieux répondre aux aspirations des populations,
l’autonomisation des jeunes et des femmes, le renforcement de l’unité régionale et
continentale, la transformation économique et numérique, la connectivité, la paix et
la sécurité, la gouvernance démocratique et responsable, ainsi que des
partenariats équitables et mutuellement bénéfiques.

5. Les Chefs d’État et de Gouvernement ont pris note du Rapport 2025 du Président
de la Commission de la CEDEAO sur l’état de la Communauté, des rapports de la
55e Réunion ordinaire du Conseil de Médiation et de Sécurité de la CEDEAO et de
la 95e Session ordinaire du Conseil des ministres de la CEDEAO.

6. La Conférence a salué la qualité des rapports et l’excellent travail accompli par les
institutions communautaires dans la mise en œuvre du programme d’intégration
régionale de l’Afrique de l’Ouest. Elle a examiné les recommandations pertinentes
qui y figurent et a décidé ce qui suit :

SUR LES PERFORMANCES ÉCONOMIQUES ET LA MISE EN ŒUVRE DES
PROGRAMMES D’INTÉGRATION RÉGIONALE
Sur les performances économiques

7. La Conférence s’est félicitée de la résilience des économies de la CEDEAO en
2025, caractérisée par une accélération du rythme de la croissance économique,
une réduction des pressions inflationnistes et des efforts d’assainissement
budgétaire.

8. Dans le souci de consolider ces acquis, elle a appelé les États membres à
poursuivre la mise en œuvre des réformes économiques, à intensifier la
mobilisation des ressources nationales et à renforcer l’efficacité et la qualité des
dépenses publiques.

Au titre de l’intégration monétaire

9. La Conférence a pris note des délibérations de la12e Session du Conseil de
convergence de la CEDEAO et a exprimé ses préoccupations concernant les
performances des États membres en matière de convergence macroéconomique,
à moins de deux ans du lancement de l’ECO, et concernant les retards accusés
dans la mise en œuvre de certaines activités de la Feuille de route pour le
lancement de l’ECO.

10.La Conférence invite les États membres à mettre en œuvre des politiques
économiques appropriées leur permettant de satisfaire aux critères de
convergence macroéconomique et de parvenir à un consensus sur les
arrangements institutionnels sensibles, nécessaires au lancement de l’ECO.

11.La Conférence charge également la Commission de réactiver la Task Force
présidentielle sur le Programme de monnaie unique de la CEDEAO, afin de faciliter
la recherche d’un consensus sur les questions sensibles et/ou urgentes.

12.La Conférence a également pris note de l’adoption par le Conseil de la Directive
établissant le cadre de la comptabilité publique dans l’espace CEDEAO, et instruit
la Commission d’aider les États membres à l’intégrer dans leurs législations
nationales au plus tard le 31 décembre 2029.

Concernant la libre circulation des personnes

13.La Conférence félicite la République fédérale du Nigeria pour le déploiement réussi
de la carte nationale d’identité biométrique de la CEDEAO (ENBIC), qui représente
une étape importante dans la promotion de l’intégration régionale et de la libre
circulation des personnes. À ce jour, seuls sept États membres ont déployé
l’ENBIC, ce qui reflète les progrès accomplis, mais souligne également la nécessité
d’une participation plus large.

14.La Conférence exhorte les autres États membres à accélérer le déploiement
conformément aux engagements régionaux, afin que les avantages collectifs d’une
sécurité accrue, d’une mobilité transfrontalière sans heurts et d’une coopération
régionale renforcée puissent être pleinement réalisés dans toute la Communauté.
S’agissant du Système de Libéralisation des Échanges de la CEDEAO (SLEC)

15.La Conférence a pris note du rapport du Conseil sur la mise en œuvre du SLEC et
a chargé les Commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA d’harmoniser les règles
d’origine en vigueur dans la région afin de renforcer la libre circulation des
marchandises communautaires et de promouvoir l’intégration régionale.

16.Concernant l’imposition de la « taxe de solidarité communautaire » sur les
marchandises originaires d’États membres non-membres de l’UEMOA-CEDEAO
exportées vers d’autres États membres de la CEDEAO appartenant à l’UEMOA, la
Conférence charge le Président de la Commission de collaborer avec la
Commission de l’UEMOA en vue de résoudre la situation.
Concernant l’Accord sur la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf)

17.La Conférence prend note de l’état d’avancement de la mise en œuvre, notamment
la soumission de la liste unique consolidée des engagements spécifiques de la
CEDEAO au titre du Protocole sur le commerce des services.

18.La Conférence exhorte tous les États membres à accélérer la mise en œuvre de
l’accord en renforçant les structures institutionnelles pertinentes et en mettant en
œuvre les stratégies régionales et nationales relatives à la ZLECAf. Elle invite, en
outre, la Commission de la CEDEAO à continuer de soutenir les États membres et
de coordonner les positions régionales.
Sur la question du Système d’échange d’énergie électrique de l’Afrique de l’Ouest
(WAPP)

19.La Conférence a pris note de la synchronisation historique des réseaux électriques
des 15 pays d’Afrique de l’Ouest par le WAPP, allant de la Mauritanie au Nigeria,
le 8 novembre 2025.

20.Elle a toutefois exprimé ses préoccupations concernant les défauts de paiement
persistants qui affectent le fonctionnement du WAPP. Ces défauts de paiement ont
entraîné des taux de recouvrement historiquement bas et menacent désormais la
capacité du WAPP à s’acquitter de ses obligations essentielles. Cette pression
financière compromet également des initiatives stratégiques majeures, telles que
le lancement du marché régional de l’électricité et la synchronisation complète des
réseaux électriques en Afrique de l’Ouest.

21.La Conférence a donc exhorté les États membres à veiller au paiement en temps
opportun de leurs contributions au WAPP afin d’assurer la pérennité de ses
activités, compte tenu de son importance stratégique pour le développement

économique régional.
Au titre du Transport aérien

22.La Conférence a rappelé la décision prise lors de sa Soixante-septième Session
ordinaire tenue le 22 juin 2025 à Abuja, instruisant les ministres chargés du
Transport aérien et la Commission de la CEDEAO de coordonner et de contrôler
l’application effective et uniforme de l’Acte additionnel relatif aux redevances, taxes
et frais aéronautiques. Cet acte vise à réduire de 25 % les redevances passagers
et de sécurité, et à supprimer les taxes prélevées sur les services de transport
aérien, conformément aux principes et procédures de l’Organisation de l’aviation
civile internationale (OACI) en matière de taxes, redevances et droits, qui interdit
de taxer les services de transport aérien sur la base de principes de tarification non
liés, transparents et connexes.

23.La Conférence demande à la Commission de collaborer avec les ministères des
Finances et les ministères chargés du transport aérien afin de garantir le respect
uniforme de la directive à compter de la date d’entrée en vigueur, le 1er janvier
2026.

SUR L’ÉTAT DE LA DÉMOCRATIE, DE LA PAIX ET DE LA SÉCURITÉ DANS LA
RÉGION

24.La Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement note avec satisfaction la
relative stabilité et la résilience de la région, malgré les pressions et les divisions
géopolitiques et géostratégiques croissantes. La Conférence salue les efforts
louables déployés par les États membres et la Commission de la CEDEAO en vue
de consolider la démocratie, la paix, la sécurité et la stabilité dans la région.

25.La Conférence prend note des élections présidentielles et législatives qui se sont
récemment respectivement tenues en Côte d’Ivoire et en Guinée-Bissau, ainsi que
des processus électoraux en cours en vue de la tenue d’élections générales au
Bénin et législatives en Côte d’Ivoire. Elle salue les efforts déployés par la Guinée
pour mener à bien la transition politique du pays en organisant une élection
présidentielle prévue le 28 décembre 2025, après le succès du référendum
constitutionnel du 21 septembre 2025. Elle encourage les autorités à garantir la
transparence et l’inclusivité de ces processus cruciaux.

26.La Conférence se félicite des progrès significatifs accomplis par les parties
prenantes en Sierra Leone dans la mise en œuvre des différentes résolutions de
l’Accord pour l’unité nationale entre le Gouvernement et le Congrès de tous les
peuples (opposition), notamment les progrès réalisés en matière de réformes
électorales et la libération des membres de l’opposition détenus. Elle encourage
les garants moraux internationaux à continuer de suivre les progrès accomplis dans
la mise en œuvre de l’Accord, en étroite collaboration avec la Commission
indépendante pour la paix et la cohésion nationale (ICPNC) du pays.

27.La Conférence considère que les déclarations audios faites par Yahya Jammeh,
ancien président de la Gambie, depuis son exil en Guinée équatoriale constituent
à la fois une violation des conditions d’asile et une menace pour la paix et la sécurité
ainsi que pour la cohésion sociale en Gambie.

28.Elle affirme que la déclaration conjointe publiée par la CEDEAO, l’Union africaine
et les Nations unies avant le départ de Jammeh de la Gambie ne saurait en aucune
manière l’exonérer de répondre des accusations de violations présumées des
droits de l’homme qui auraient été commises au cours de la période allant de 1994
à 2017.

29.La Conférence condamne avec fermeté le récent coup d’État qui a interrompu le
processus électoral en Guinée-Bissau, inversé la volonté de l’électorat et perturbé
l’ordre constitutionnel. La Conférence note également avec consternation la
tentative de coup d’État au Bénin à la veille des élections générales dans le pays,
qui a menacé de renverser des décennies d’ordre constitutionnel ininterrompu.

30.La Conférence note également avec préoccupation la détérioration croissante de
la situation sécuritaire dans toute la région, en particulier au Sahel et dans le bassin
du lac Tchad, caractérisée par la poursuite des attaques, des enlèvements et des
opérations de sabotage perpétrés par des groupes armés terroristes, des insurgés
et des bandits contre les communautés et les forces de sécurité, entraînant la
destruction de biens, des déplacements massifs de population et une grave crise
humanitaire qui touche environ six (6) millions de personnes.

31.À cet égard, La Conférence décide ce qui suit :
Sur l’état de la démocratie et la situation politique dans la région
32.La Conférence félicite la Commission pour son soutien continu aux États membres
qui organisent des élections conformément aux dispositions pertinentes du
Protocole additionnel de 2001 sur la démocratie et la bonne gouvernance. Elle
charge la Commission de continuer à accompagner et à offrir le soutien nécessaire
aux États membres qui se préparent à des élections en décembre 2025 et en 2026,
en vue de garantir des résultats inclusifs, crédibles et pacifiques et la consolidation
de l’ordre constitutionnel dans la région.
33.La Conférence charge également la Commission de faciliter, en collaboration avec
les États membres et les partenaires, le renforcement des institutions chargées de
la promotion des droits de l’homme et de la lutte contre la corruption dans les États
membres, afin de contribuer à la promotion et au renforcement du respect de l’État
de droit, des droits de l’homme et de la responsabilité.
34.La Conférence encourage les États membres à redoubler d’efforts pour renforcer
les institutions démocratiques et de gouvernance afin de prévenir tout nouveau
recul de la démocratie dans la région. À cet égard, elle exhorte les États membres,
à œuvrer à travers le dialogue et les réformes institutionnelles, en vue de
résolument créer un environnement propice ainsi que des conditions équitables
pour des processus électoraux inclusifs et compétitifs. La Conférence les invite
également à renforcer les cadres visant à garantir les moyens de subsistance et le
bien-être des populations, en particulier des jeunes, qui constituent une part
importante de la population.
35.En ce qui concerne le Bénin, la Conférence condamne sans réserve la tentative
de coup d’État qui a mis en péril l’ordre constitutionnel dans le pays. Elle salue la
réaction rapide des éléments de la Force en attente de la CEDEAO, qui ont appuyé
les forces républicaines du Bénin pour faire échec à cette tentative. Elle félicite
également les États membres de la CEDEAO, en particulier les gouvernements du
Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et de la Sierra Leone, pour leur solidarité
régionale. La Conférence charge en outre la Commission de proposer des textes
pertinents régissant la Force en attente de la CEDEAO, et mettre en place un cadre
consultatif entre les membres de la Conférence, afin de permettre une intervention
rapide en cas d’urgence, notamment lors de situations humanitaires aiguës et de
tentatives de coup d’État.
36.En ce qui concerne la Gambie, la Conférence déplore les tentatives de l’ancien
Président Yahya Jammeh visant à perturber la paix et la sécurité du pays, et l’avertit
que tout manquement aux conditions de son asile en Guinée équatoriale, ainsi que
toute atteinte à la paix et à la sécurité de la Gambie et de la région, entraîneront
des conséquences.
37.S’agissant de la Guinée, la Conférence note avec satisfaction les progrès
significatifs accomplis dans le processus de transition, qui devrait aboutir à
l’élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025, à la suite de la tenue pacifique
et réussie du référendum du 21 septembre 2025, dont les résultats témoignent d’un
large soutien à l’adoption d’une nouvelle Constitution. À cet égard, la Conférence
instruit la Commission de continuer à accompagner le pays dans son processus de
transition, notamment par le déploiement de missions d’observation électorale à
long terme et de diplomatie préventive avant l’élection présidentielle du 28
décembre 2025, afin de détecter et d’atténuer les risques émergents. Les Chefs
d’État et de Gouvernement instruisent, par ailleurs, la Commission de déployer une
mission d’observation électorale à court terme pour couvrir le scrutin et renforcer
sa collaboration avec les partenaires régionaux et internationaux, en particulier
l’Union africaine (UA) et l’UNOWAS, afin de maintenir un appui coordonné au
processus de transition en Guinée.
38.Pour ce qui est de la Guinée-Bissau, la Conférence réitère les décisions prises
lors de la session extraordinaire du Conseil de Médiation et de Sécurité (CMS) au
niveau des Chefs d’État et de Gouvernement, tenue par visioconférence le
27 novembre 2025. Elle note également que les élections organisées le
23 novembre 2025 ont été jugées libres, transparentes et pacifiques par la Mission
d’observation électorale de la CEDEAO (MOE), ainsi que par d’autres missions
d’observation internationales, notamment celles de l’Union africaine (UA) et de la
Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP). La Conférence rejette
catégoriquement le « chronogramme de transition » récemment annoncé par les
auteurs du coup d’État en Guinée-Bissau.
39.À cet égard, la Conférence demande :
a. La libération immédiate de tous les prisonniers politiques et leur
participation à tous les processus politiques en Guinée-Bissau ;
b. La mise en place d’une transition de courte durée dirigée par un
gouvernement inclusif reflétant la diversité du paysage politique et de la
société de Guinée-Bissau, chargé d’entreprendre des réformes
constitutionnelles, juridiques et politiques, et d’organiser des élections
crédibles, transparentes et inclusives.
40.La Conférence autorise la Mission d’appui à la stabilisation de la Guinée-Bissau à
assurer la protection de l’ensemble des dirigeants politiques et des institutions
nationales de Guinée-Bissau.
41.En conséquence, la Conférence charge la Commission d’accompagner pleinement
le processus de transition, notamment par le renforcement des capacités de la
Mission d’appui à la stabilisation de la Guinée-Bissau. Les Chefs d’État et de
Gouvernement instruisent par ailleurs le Président de la Conférence de diriger une
autre Mission de haut niveau en Guinée-Bissau, afin de poursuivre le dialogue avec
les autorités de ce pays. La Conférence ordonne également qu’une délégation du
Comité des Chefs d’État-Major (CCEM) soit immédiatement dépêchée sur place
pour engager un dialogue avec les autorités militaires. Si la demande de mise en
place d’une transition de courte durée dirigée par un gouvernement inclusif n’est
pas satisfaite, la Conférence imposera des sanctions ciblées à toutes les
personnes ou groupes de personnes qui entravent le retour à l’ordre constitutionnel
à travers un processus inclusif. La Conférence invite l’Union africaine et les autres
partenaires internationaux à soutenir la CEDEAO dans la mise en œuvre de ces
décisions.
Au titre de la lutte contre le terrorisme et d’autres menaces sécuritaires
42.La Conférence réaffirme son engagement en faveur de l’éradication du terrorisme
dans l’espace CEDEAO et salue les efforts que ne cessent de déployer les États
membres pour lutter contre ce fléau. Elle condamne fermement la recrudescence
des actes de banditisme, les enlèvements et les rapts d’écoliers, en particulier dans
le nord du Nigeria. La Conférence exprime sa solidarité avec le peuple de la
République fédérale du Nigeria et félicite le Président Bola Ahmed Tinubu pour les
mesures rapides prises en vue de la libération sans délais des victimes, ainsi que
pour les actions entreprises en vue de lutter contre cette menace.
43.La Conférence appelle la communauté internationale, à travers l’Union africaine et
le Conseil de sécurité des Nations unies, à répondre de manière urgente,
cohérente et coordonnée aux besoins des pays de la région touchés par le
terrorisme.
44.La Conférence exhorte les États membres à œuvrer avec la Commission de la
CEDEAO à maintenir le dialogue avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, en vue
d’une collaboration efficace et renforcée pour faire face à la détérioration de la
situation sécuritaire dans la région. Dans le cadre des efforts déployés par la
Communauté pour lutter contre le terrorisme, la Conférence instruit le Président de
la Commission de mettre d’urgence à la disposition de chacun des États membres
concernés, à savoir le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Togo, un
montant de deux millions huit cent cinquante mille dollars américains (2 850 000
USD), provenant du Fonds régional de sécurité, sous réserve de l’examen du Plan
d’action.
45.La Conférence instruit également la Commission de prendre des mesures urgentes
pour rendre opérationnelle la Brigade régionale de lutte contre le terrorisme,
conformément aux mécanismes de financement proposés par les ministres des
Finances et ceux de la Défense. Elle appelle à la convocation urgente des réunions
du Comité des Chefs des Services de renseignement, y compris ceux des États
voisins, ainsi que du Comité des Chefs d’État-Major de la Défense, afin d’accélérer
la mise en place effective de ladite Brigade.
Sur la situation humanitaire
46.La Conférence salue les efforts humanitaires déployés par la Commission et instruit
le Président de ladite Institution de poursuivre la mise en œuvre d’approches
multisectorielles visant à renforcer ses mécanismes d’intervention et son appui aux
États membres, afin d’atténuer les effets croissants des problèmes humanitaires et
sécuritaires. Elle charge, par ailleurs, la Commission de mobiliser d’urgence des
ressources, notamment des allocations budgétaires, en vue de l’évacuation
urgente des citoyens de la CEDEAO bloqués en Libye et en Algérie.
AU TITRE DES QUESTIONS INSTITUTIONNELLES
Concernant les postes statutaires de la CEDEAO pour la période allant de 2026 à
2030
47. La Conférence approuve la recommandation du Conseil des ministres, relative à
l’attribution des postes statutaires comme suit :
(i) Président de la Commission : Sénégal
(ii) Vice-président : Nigéria
(iii) Affaires politiques, Paix et Sécurité : Sierra Leone
(iv) Affaires économiques et Agriculture : Libéria
(v) Services internes : Côte d’Ivoire
(vi) Infrastructures, Énergie et Digitalisation : Ghana
(vii) Développement humain et Affaires sociales : Bénin
(viii) Organisation ouest-africaine de la Santé : Togo
(ix) GIABA1
 : Gambie
(x) Auditeur général : Cabo Verde
(xi) Cour de Justice de la CEDEAO (cinq postes) : Bénin, Gambie, Libéria,
Nigéria et Togo.
48.La Conférence a également décidé de soutenir la candidature unique du Ghana au
poste de président de l’Union africaine pour l’année 2027, et d’attribuer celui du
président de la Commission de la CEDEAO au Libéria pour la période 2030-2034,
sous réserve qu’au moment de l’attribution, cet État membre remplisse tous les
critères d’attribution du poste de président de la Commission.
1 Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest
49.La Conférence décide de transférer le siège de l’Organisation ouest-africaine de la
santé (OOAS) en Côte d’Ivoire.
En ce qui concerne le remplacement de deux fonctionnaires statutaires de la
Commission,
50.La Conférence a pris note de la prise de fonction du Dr Kalilou Sylla en qualité de
nouveau Commissaire aux Affaires économiques et à l’Agriculture, en
remplacement de Mme Massandjé Touré-Litsé, nommée à d’autres fonctions par
la République de Côte d’Ivoire.
51.Elle a également pris note de la prise de fonction du Dr Habibu Yaya Bappah en
qualité de nouveau Commissaire aux Services internes, en remplacement du
Professeur Nazifi Abdullahi Darma.
Concernant les opérations de la Banque d’Investissement et de Développement
de la CEDEAO (BIDC) avec les pays de l’AES
52.La Conférence approuve la résolution du Conseil des gouverneurs de la BIDC
relative à la poursuite de la participation des pays de l’AES à la Banque en tant que
membres non-régionaux. La Conférence approuve également la proposition du
Conseil visant à maintenir au sein de la BIDC le personnel ressortissant des pays
de l’AES.
Concernant la demande d’adhésion du Burkina Faso, du Mali et du Niger au
GIABA
53.La Conférence accorde au Burkina Faso, au Mali et au Niger le statut de membres
non-CEDEAO du GIABA, sur la base de leur fort engagement politique à mettre
pleinement en œuvre l’ensemble des obligations requises des membres du GIABA.
Cet engagement inclut notamment la correction des lacunes identifiées dans leurs
cadres de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et
le financement de la prolifération (LBC/FT/CPF), ainsi que leur coopération totale
et leur conformité à toutes les obligations y afférentes, conformément aux
dispositions du statut du GIABA.
Au titre de la coopération internationale et des partenariats
54.La Conférence exprime sa gratitude aux partenaires financiers et techniques de la
CEDEAO pour leur contribution à la mise en œuvre de son programme d’intégration
régionale, et charge le Président de la Commission de collaborer étroitement avec
les partenaires traditionnels et émergents en vue de mobiliser des financements
en faveur des infrastructures régionales prioritaires, notamment la construction des
corridors phares Abidjan–Lagos et Praia–Dakar–Abidjan, des projets régionaux de
connectivité énergétique, des infrastructures numériques, ainsi que des initiatives
liées à la lutte contre le terrorisme et l’insécurité dans la région. Par conséquent, la
Conférence instruit la Commission de veiller à la participation active de la Banque
d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) à ces engagements
financiers.
Date et lieu de la prochaine session de la Conférence
55.La date et le lieu de la Soixante-neuvième Session ordinaire de la Conférence des
Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO seront communiqués en temps
utile, conformément au calendrier des réunions établi.
56.La Conférence adresse ses chaleureuses félicitations à Son Excellence Julius
Maada Bio, Président de la République de Sierra Leone et Président de la
Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement, pour son leadership exemplaire
et son engagement constant en faveur de l’intégration régionale, de la paix et de la
sécurité en Afrique de l’Ouest.
FAIT À ABUJA, LE 14 DÉCEMBRE 2025
LA CONFÉRENCE

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