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Actualité, voici le texte intégral de la publication de l’honorable Sèdami Fagla qui enflamme la toile

L’investigateur 28/10/2020 à 11:11

L’honorable Sèdami Fagla a publié sur sa page facebook, un texte qui fait réagir les internautes. Dans sa démonstration, l’élu du peuple a provoqué la colère du camp des opposants. Voici l’intégralité de son texte.

QUE LA DÉMOCRATIE SOIT... MAIS LA DÉMOCRATIE FUIT !
Mes cher(e)s compatriotes Africain(e)s, jeunesse d’Afrique et du Bénin,
Un observateur, même s’il n’est pas forcément suffisamment averti de la pratique politique, peut faire le constat que le frémissement démocratique de nos pays initiés dans les années 1990 s’émousse. Il devenait donc urgent de regarder la situation en face, d’en analyser les conséquences et de proposer des solutions.

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Oui les peuples africains appellent la DÉMOCRATIE mais les acteurs politiques leur proposent des DÉMOCRATIES. Des pratiques hétéroclites, hétérogènes et mutantes.
Les peuples africains aspirent à une démocratie inclusive qui leur offre la possibilité de la « co-construction » de leur destin, la stabilité politique favorable au développement économique et une vision à long terme pour envisager l’avenir de leurs enfants dans des pays apaisés où il fait bon vivre. Plus simplement dit, les Africains veulent vivre en paix et heureux !

Or le constat est tout autre. Le Togo est fébrile depuis les dernières élections ; la Côte-d’Ivoire est sous tension depuis la candidature du président Alassane Dramane OUATTARA pour un troisième mandat ; la RCA n’en peut plus d’être divisée, fragmentée dans les mains de milices armées ; qui croirait que le Mali pouvait se retrouver dans une situation de gouvernance militaire ? Devons-nous parler de la Guinée, de la RDC ?
La liste est longue et l’inquiétude qui pèse nous oblige à penser sur un plan continental afin de sortir du cloisonnement hérité de la conférence de Berlin (1884-1885).

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Depuis les indépendances, nos pays ont profondément muté. La construction politique qui doit être appréhendée selon une dynamique exponentielle connaît de profondes oscillations.
En effet, après les indépendances, très rapidement les rêves ce sont évanouis. Après plusieurs coups d’état militaires, sont ensuite arrivées les conférences nationales qui ont été vécues différemment d’un pays à un autre. Elles ont eu néanmoins le mérite de poser les cadres d’une dynamique démocratique.

Aujourd’hui, c’est cette vision qui s’essouffle. A qui la faute ? Surtout pas aux populations ; elle incombe aux acteurs politiques qui faussent les règles du jeu.
Les joutes mal réglées entre l’opposition et la mouvance présidentielle brouillent les cartes et le peuple, n’a plus d’autres choix que celui de l’émotion, de la religion et du régionalisme. OR, IL FALLAIT QU’IL CHOISISSE UN PROJET, UNE LIGNE POLITIQUE ET UNE VISION DE DÉVELOPPEMENT POUR L’AMÉLIORATION DE NOS CONDITIONS DE VIE.

Des observateurs pensent que « L’Afrique n’est pas mûre pour la démocratie ». C’est faux ! Avant même la colonisation, au Ghana, par exemple, les Akan considéraient que le pouvoir d’un dirigeant découlait du peuple et était seulement délégué par celui-ci.

Ceux qui pensent que la stabilité politique doit exclure l’alternance au sommet de l’Etat ont également tort. Mais cette alternance doit être envisagée suivant une ligne claire qui confronte des PROJETS DE GOUVERNANCE et non dans une adversité avec des tentatives de manipulations.
Le cas concret du Bénin ...
Voilà un pays qui après avoir été le « quartier latin de l’Afrique » est devenu « l’enfant malade de l’Afrique ». Sa résilience est venue de la conférence nationale des forces vives de la Nation.

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Depuis, ce PAYS, le mien, a connu une alternance politique souvent difficile mais exemplaire, comparée à d’autres pays de la sous région. Les tumultes et les manipulations ont souvent été déjouées par le peuple lui-même. C’est d’ailleurs à ce peuple que je m’adresse afin qu’il ne baisse pas la garde et qu’il reste vigilant.
Je n’ai pas rencontré beaucoup de Béninoises et de Béninois qui m’ont exprimé le sentiment d’être sous une dictature. Je les rencontre sur le terrain et pas seulement sur les réseaux sociaux. Ceci ne voudrait pas dire que la situation n’est pas perfectible. Loin de là, beaucoup de choses restent encore à faire et sont entrain d’être faites.

La polémique qui prend les réseaux sociaux et la presse est circonscrite surtout au milieu intellectuel. C’est la question des parrainages. Sur cette situation, je n’ai personnellement aucune inquiétude. Il ne sert à rien de faire peur à nos compatriotes. Chaque député a son libre arbitre mais ne doit surtout pas oublier qu’il a été élu dans une circonscription à laquelle il doit rendre des comptes. Mes collègues le savent tous et l’expriment. Le match n’a pas commencé et on en donne déjà le score ! Tout citoyen remplissant les conditions pour être candidat aux élections présidentielles a la loi de son côté pour le faire. Il aura au moment venu la capacité de solliciter les parrainages requis. Il reviendra ensuite aux élus sollicités de voir avec leurs bases et selon leurs propres critères si oui ou non ils veulent donner leur parrainages. C’est simple, c’est clair et c’est gravé dans la loi !

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En somme, les peuples veulent une démocratie qui les mobilise sur la voie du progrès mais elle leur échappe. Et dans les pays où elle fonctionne à peu près, les acteurs politiques trouvent les moyens de confisquer ce rêve.
Il est donc important que la jeunesse exige plus de lucidité ; c’est son droit et non une faveur.

C’est cette raison mêlée à une certaine empathie qui m’anime et me fait dire comme Guillaume POITRINAL que « quand le leadership est joué sur la double partition de la raison et de l’émotion, il est un moteur puissant qui donne à des hommes et à des femmes l’énergie nécessaire pour dépasser les limites du possible. »
Vive l’Afrique résiliente !
Vive le Bénin !

He Sèdami Awoyogbé MEDEGAN FAGLA




 
 

 
 
 

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